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Lacoste remplace son crocodile fétiche par des espèces menacées

VIDÉO - La marque française a lancé en édition limitée une collection de polos où son logo crocodile cède la place à dix espèces en voie de disparition. Jamais depuis la fondation de la marque un autre animal ne s'était attribué la place du saurien.

Pour son défilé à la fashion week parisienne, Lacoste met de côté son fameux crocodile. La marque a remplacé l'iconique reptile par dix animaux en voie d'extinction. Une collection en édition limitée : Chaque espèce figure sur autant de polos qu'il reste de spécimens vivants sur la planète. Soit 1775 polos ornés de marsouins du Pacifique, tortues Batagur, rhinocéros de la Sonde, perroquets kakapo, gibbons et autres condors.

Depuis 85 ans que le saurien trône fièrement sur les modèles de la marque, ce sera la première fois que son monopole aura été entamé. Le reptile brodé sur 30 millions d'articles chaque année avait été choisi par le tennisman René Lacoste, cofondateur de la marque avec André Gillier en 1933.

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- © Archives Lacoste

Le logo faisait référence au surnom "The Crocodile" que donnait la presse sportive américaine au Français. Lacoste évoque une référence à "sa ténacité sur les courts de tennis". La légende dit que le capitaine de l'équipe de France s'était engagé à lui offrir une luxueuse valise en cuir de croco s'il gagnait un match particulièrement important de la Coupe Davis 1927.

L'année suivante, après avoir remporté ladite coupe, René Lacoste demande à son ami Robert George de dessiner un crocodile qu'il pourrait afficher sur la poche de son blazer fétiche. Le croquis représente l'animal en 46 nuances.

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- © Robert George

Cinq ans plus tard, le tennisman alors retraité des courts en fait le logo des polos pour sportifs, seuls vêtements que confectionne la griffe au départ. Pour le broder à échelle industrielle, il en simplifie les couleurs: le croco sera vert et sa gueule ouverte rouge.

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- © Archives Lacoste

Le symbole ne sera que très légèrement restylisé jusqu'à aujourd'hui, en dehors de la disparition de ses écailles blanches et des expériences monochromes du designer Christophe Lemaire au début des années 2010.

"Lacoste ne se fait pas d’argent"

Pour en revenir à la collection des animaux en danger, chaque polo coûte 150 euros. Ce prix, une cinquantaine d'euros plus élevé qu'un polo classique, n'a pas découragé les adeptes : les modèles mis en vente mercredi sur le site européen de Lacoste étaient déjà rupture de stock ce jeudi. Quelques-uns restaient disponibles sur son site américain.

En tout cas "Lacoste ne se fait pas d’argent sur cette opération", précise la porte-parole de la marque. L'entreprise a en effet noué à cette occasion un partenariat avec l'Union internationale pour la conservation de la nature à qui elle va verser des "droits". Lacoste ne divulgue pas leur montant, mais indique que ces "fees fixes excèdent amplement les bénéfices générés par la vente des polos" et "l'investissement marketing conséquent" engagé pour l'opération.

Nina Godart