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Inutile de vendre des albums pour devenir disque d'or 2016

Les certifications 2015 sont probablement les dernières à ne se baser que sur les ventes de disques.

Les certifications 2015 sont probablement les dernières à ne se baser que sur les ventes de disques. - SNEP

Les États-Unis ont intégré les vues sur Youtube et les écoutes en streaming dans leur mesure du succès commercial des musiques. La France se dirige vers une révolution équivalente.

1.500 vues sur YouTube comptent désormais autant que la vente d'un album aux États-Unis ! Depuis le 1er février, l'association américaine qui attribue les disques d'or et de platine -les certifications dans le jargon- intègre le succès sur YouTube, Spotify, Apple Music et autres canaux de diffusion modernes à sa comptabilité.

La Recording Industry Association of America (RIAA), qui mesure le succès commercial des disques aux États-Unis depuis 1958, a déjà plusieurs fois modifié ses seuils d'attribution. Mais c'est bien la première fois qu'elle ne se base plus uniquement sur des ventes physiques. Une révolution qui va très vite traverser l'Atlantique. Et arriver en France, où, comme ailleurs, le streaming payant pèse de plus en plus lourd dans le marché de la musique.

Les Américains toujours en avance

Les artistes français aussi pourront très bientôt être sacrés disque d'argent, d'or ou de platine simplement en cartonnant sur les plateformes de consommation de musique numérique. YouTube et Vevo pour la vidéo, Spotify ou Deezer pour le streaming, Apple Music pour le payant. "Les Américains vont toujours un peu plus vite", mais la France devrait adopter cette méthode sous "quelques semaines ou mois", indique Guillaume Leblanc, directeur général du SNEP, le syndicat national de l'édition phonographique, chargé des certifications en France.

En fait, chaque organisme national choisit son type de certification et les seuils à partir desquels elles sont attribuées. "Des discussions sont en cours, on travaille sur des équivalences avec Google, Deezer et autres", précise Guillaume Leblanc.

Aux États-Unis, il fallait jusque-là 500.000 ventes pour obtenir le titre de disque d'or, 1 million pour le même en platine, et plus de 2 millions pour un "multi-platine", sorte de version américaine de notre "disque de diamant". Dorénavant, 1.500 écoutes sur les plateformes précitées, ou la vente de 10 pistes sur les services payants, valent autant que la vente d'un album.

Le même ordre de grandeur en France et aux US

L'Hexagone devrait adopter des ordres de grandeurs similaires dans la mesure où "il n'y a pas de raison qu'on opère de manière fondamentalement différente de ce qui est fait à l'étranger", admet le directeur du SNEP.

Il faudra peut-être vaincre encore quelques résistances. Outre-Atlantique, quelques détracteurs de cette nouvelle comptabilité se font entendre. Selon eux, le niveau d'engagement entre celui qui achète un album et les 1.500 personnes qui écoutent un titre sur Spotify n'est pas comparable. "Si 100 personnes qui traînent dans une librairie à leur pause déjeuner lisent chacune un seul chapitre d'un roman, peut-on considérer que cela vaut la vente d'un livre?", questionne, sceptique, un dirigeant de maison de disque cité par Music Business Worldwide.

Avec les nouveaux outils de mesures, 17 titres ont été nouvellement spécifiés en Amérique du Nord. Le "thriller" de Michael Jackson est ainsi devenu "multi platine".

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco