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Grand Prix de France: combien ça coûte? Combien ça rapporte?

Lewis Hamilton, ce vendredi, sur le circuit Paul-Ricard du Castellet (Var), pour le retour du Grand Prix de France, après 10 ans d'absence.

Lewis Hamilton, ce vendredi, sur le circuit Paul-Ricard du Castellet (Var), pour le retour du Grand Prix de France, après 10 ans d'absence. - GERARD JULIEN / AFP

Le circuit Paul Ricard du Castellet (Var) accueille dès vendredi le Grand Prix de France de Formule 1. La Région espère 65 millions d’euros de retombées économiques.

Alors que les monoplaces font leurs premiers tours de roue ce midi, les importants bouchons (voir plus bas) qui se forment ce matin autour du Castellet (Var) semblent un bon présage pour le retour de la Formule 1 en France. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et son ancien président et actuel maire de Nice, Christian Estrosi, misent en effet beaucoup sur les retombées économiques du Grand Prix de France.

14 millions dépensés, 65 millions gagnés?

"Nous sommes vraiment attendus sur cette renaissance du GP de France, son absence du calendrier était une humiliation et une aberration, affirmait il y a quelques jours à l’AFP Christian Estrosi. Nous n'avons pas le droit à l'erreur, c'est l'image de la France qui est en jeu et sa crédibilité à mettre sur pied de grands événements internationaux".

L’épreuve se tient pour la première fois depuis 1990 au circuit Paul-Ricard, après un long passage à Magny-Cours (Nièvre) jusqu’en 2008, où des raisons économiques (entre autres) avaient amené les promoteurs de la Formule 1 à retirer l’épreuve du calendrier.

"Magny-Cours était un beau circuit, avec des courses magnifiques, mais ici se trouvent des aéroports, des infrastructures touristiques", rappelle Daniel Ortelli, auteur du livre Circuit Paul-Ricard, les seigneurs de la F1. Le budget alloué par la région pour cet événement est de 30 millions d’euros, dont 20 millions simplement destinés à payer le plateau à la FOM (Formula One Management), c’est-à-dire les droits financiers aux organisateurs de la région. Les 10 millions supplémentaires comptent les différents aménagements nécessaires à l’accueil des spectateurs: nouvelles tribunes, décors, nouvelles loges. Sur ces 30 millions, la région en a investi 14.

"L’étude d’impact et de retombées réalisée par le cabinet Deloitte estime à 65 millions les retombées économiques, rappelle Daniel Ortelli. Le raisonnement de la région est simple: on investit 15 millions, on en gagne 65. Les gros investissements engagés cette année seront de plus lissés sur plusieurs années".

Un coup de projecteur sur la région

L’organisation du Grand Prix de France est en effet allouée pour cinq ans au Castellet. La décision a déjà été prise de consolider en dur certaines tribunes provisoires, ou de conserver des décors créés pour cette édition par l’Opéra de Nice. Cette semaine dans Var Matin, Jean-Pierre Savarino, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de la Côte d’Azur, estimait même déjà à 68 millions les retombées. "L’étude d’impact économique qui date d’un an et demi avait fixé le déroulement de la compétition en septembre, or le 26 juin va être plus favorable en termes de fréquentation", explique Jean-Pierre Savarino. Hôteliers et restaurateurs se frottent les mains, avant le début de la saison estivale.

Selon La Provence, le panier moyen est estimé à 260 euros dépensés par spectateur, hors transports et hébergements. Le succès économique du Grand Prix devrait aussi se mesurer en terme d’image, pour aller de l’avant après l’attentat du 14 juillet 2016. "C’est le meilleur marketing territorial qui peut nous arriver. L’image de la région sera vue dans le monde entier, ça n’a pas de prix", poursuit Jean-Pierre Savarino. L’image, c’est aussi ce sur quoi compte les nombreuses sociétés de Renault, à Total en passant par Obut, qui ont pris des loges sur le circuit.

500 personnes auraient été embauchées pour assurer le retour de la F1 en France, estimait dans La Provence Renaud Muselier, le président de la région. Reste à savoir si cette première édition convaincra les spectateurs de revenir l’année prochaine. Sur Twitter, l’agacement des fans se faisait sentir, après plusieurs heures passées dans les bouchons. 65.000 personnes sont attendues dimanche, 150.000 tout au long du week-end.

Les embouteillages gâchent la fête

Les retrouvailles des spectateurs avec le Grand Prix de France ont été gâchées vendredi par les embouteillages monstres aux abords du circuit Paul-Ricard. Les deux séances d'essais libres, dominées sous un ciel bleu étincelant par le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes), n'ont pas constitué l'évènement principal. La première s'est déroulée devant des tribunes quasiment désertes, la situation ne s'améliorant que très lentement au cours de l'après-midi.

Le trafic routier "a dépassé un peu ce qu'on avait attendu mais on fait tout notre possible pour que ce soit différent" samedi et dimanche, ont réagi les organisateurs en début de soirée. "On demande aux gens d'anticiper leur départ, de favoriser le covoiturage et peut-être aussi de prendre un peu plus leur mal en patience", a-t-il poursuivi, en référence aux spectateurs ayant fait demi-tour avant d'atteindre le circuit.

Pauline Ducamp