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Faire un tour du monde, sur un cargo? C’est parti pour l’aventure

Les croisières sur des cargos intéressent les voyageurs qui ont du temps, mais pas de gros moyens. Ceux qui rêvent de grand large et qui ne trouvent pas leur compte sur des paquebots qu’ils voient comme des usines… à touristes. Aujourd'hui, cette aventure est organisée.

Faire un tour du monde en bateau, c’est un plaisir qui est réservé aux millionnaires, ou à ceux qui disposent d’un navire capable de traverser les océans. Si l’on n’a pas gagné au Loto et si l’on ne s’appelle pas Loïc Peyron, il y a un autre moyen: les cargos de la marine marchande. Pour un budget journalier de 60 à 100 euros -hébergement et repas compris- les voyageurs pourront découvrir de nouveaux horizons sur un porte-conteneurs, un câblier ou un navire océanographique.

Ces périples peuvent se faire seul, en couple et même en famille selon les destinations. Comme le raconte Sarah Dawalibi sur son blog, certains passages font monter l'adrénaline. "Nous avons franchi les Maldives cette nuit et sommes maintenant dans la mer d’Arabie. Le mode vigilance anti-pirates a été activé à bord". Tout s'est finalement bien passé grâce aux précautions prises par l'équipage et au guide qu'elle a reçu pour faire face à certaines situations.

Un traversée de l'Atlantique à bord d'un câblier peut prendre plus de temps qu'à bord d'un porte-container.
Un traversée de l'Atlantique à bord d'un câblier peut prendre plus de temps qu'à bord d'un porte-container. © Marinemarchande.net

Pour éviter les surprises, il existe des agences de voyages spécialisées dans ces voyages. CMA-CGM, la compagnie française de transport maritime, organise également ces croisières touristiques. Le site Marinemarchande.net donne aussi de précieux conseils. Il faut bien sûr choisir son port de départ, mais le type de bateau est stratégique. Les escales sont "généralement plus longues sur un vraquier que sur un porte-conteneur". Il est aussi nécessaire de penser aux formalités administratives et faire les vaccins nécessaires selon les pays envisagés.

Le mythe du hamac s’évanouit

Ce mode de voyage existe depuis longtemps. Il reste confidentiel car réservé à des vacanciers capables de passer des jours en mer sans Wifi, ni réseau 3G. Pour appeler ses proches, il faudra acheter une carte compatible avec le téléphone satellite de bord ou attendre de mettre pied à terre lors d’une escale.

On ne trouvera pas non plus de distractions comme celles que proposent les navires de croisières comme l' "Harmony of the Seas". Mais, contrairement à ce que l’on peut imaginer, il ne s’agit pas de dormir au fond d’une cale dans un hamac. Ces navires proposent de vraies cabines avec des prises électriques pour recharger ses appareils et sont souvent équipées de salle d’eau et d’une TV.

La plupart ont des salles de sport et parfois même une piscine. Pour prendre un verre ou faire des achats, les voyageurs pourront aller cantiner avec l’équipage. Et pour admirer les couchers de soleil, le pont supérieur offre une vue imprenable.

Le tour du monde en 84 jours

Autre point important auquel il faut penser : la nationalité de l’équipage. Pour pouvoir échanger quelques mots, mieux vaut une équipe qui parle une langue que l’on maîtrise, à moins de vouloir apprendre une langue étrangère.

En fait, la seule véritable contrainte est d’avoir du temps. Pour faire un tour du monde en partant de Zurich pour Le Cap et revenir au port de Rotterdam, soit environ 40.000 kilomètres, ce jeune allemand a mis 22 mois. Mais de nombreux voyages sont beaucoup moins longs selon les destinations. 

Il faut compter une à deux semaines pour aller en Grèce ou un mois pour accoster au Brésil. Le plus long est bien sûr le tour monde qui, comme l’indique Le Routard sur son site, nécessite 84 jours en partant du Havre. Aucun croisiériste ne proposera jamais un tel périple.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco