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Cinéma numérique: premiers pas d'Ymagis à la Bourse de Paris

Après l'introduction en bourse, le PDG Jean Mizrahi reste le premier actionnaire

Après l'introduction en bourse, le PDG Jean Mizrahi reste le premier actionnaire - -

Cette start-up française finance l'équipement des salles en projecteurs numériques. Elle a levé 11,6 millions d'euros en s'introduisant sur le compartiment C d'Euronext Paris.

Ce lundi 6 mai, une nouvelle société fait ses premiers pas sur le compartiment C d'Euronext Paris. Il s'agit d'Ymagis, spécialisée dans le cinéma numérique. C'est la seule société de ce type cotée en Europe, la seule autre entreprise comparable étant l'américain Cinedigm (ex-Access IT), côtée au Nasdaq.

Créée en 2007, la société finance l'équipement en projecteurs numériques de 2.600 salles en France, Allemagne, Espagne et Benelux. C'est notamment à elle que UGC ou MK2 ont eu recours.

Explication: un projecteur numérique coûte cher, entre 50 à 60.000 euros, contre 10 à 15.000 euros pour un projecteur traditionnel. Les plus grands exploitants de salles, comme Gaumont Pathé ou Kinepolis, ont les moyens de financer eux-mêmes cet équipement. Mais pas les autres, qui font donc appel à un intermédiaire (ou "tiers investisseur"). En pratique, le "tiers investisseur" achète le projecteur et le loue à la salle sur une longue durée (typiquement sur 10 ans), au bout de laquelle la salle en devient propriétaire.

Dans ce modèle, le "tiers investisseur" se rembourse avec les économies réalisées sur le tirages des copies. Car en numérique, une copie coûte bien moins cher: 70 à 125 euros, contre 850 à 1.750 euros pour une bobine argentique. De son côté, l'exploitant continue à payer le prix d'une copie en argentique.

Leader français

Ymagis est le principal "tiers investisseur" français, avec 1.115 écrans numérisés. Ses concurrents n'ont pas vraiment percé. La start-up française Cinelia revendique 683 salles. Le britannique Arts Alliance Media a décroché un contrat avec CGR (413 salles). Enfin, le japonais Sony équipe quelques salles.

Toutefois, Ymagis se présentait en bourse avec une menace sur son modèle économique. En effet, tous ses contrats avec les salles arriveront à terme d'ici 6 à 7 ans, ce qui "entraînera une baisse des revenus", prévient le prospectus.

Mais, pour parer à cela, Ymagis compte sur plusieurs relais de croissance. D'abord, le projecteur numérique, une fois acheté, finira bien par devenir obsolète, et devra à son tour être remplacé au bout de 5 à 10 ans d'exploitation, prévoit Ymagis. Il pourrait aussi migrer vers une définition encore plus élevée: 4.096 lignes (le format "4K" que pousse Sony), au lieu des 2.048 actuels (le format "2K", utlisé par plus de 98% des écrans français).

Ensuite, Ymagis a élargi son offre, et propose désormais moult services qui représentent déjà la moitié de ses revenus. Aux producteurs et distributeurs, la société propose de fabriquer des copies numériques sous forme de disque dur. Aux salles, elle propose des lunettes 3D, l'installation et la maintenance du projecteur numérique, un logiciel de gestion des films et de pilotage des projections...

Bas de la fourchette

Au final, l'introduction en bourse a permis de lever 11,6 millions d'euros. Avec ces fonds, Ymagis veut notamment s'étendre en Grande-Bretagne, Italie et Europe de l'Est, afin de devenir "le n°1 européen".

L'introduction a été menée par Oddo, Invest Securities et Aurel BGC. A noter toutefois qu'elle a rapporté moins qu'espéré: l'action a été vendue 7,65 euros, soit dans le bas de la fourchette proposée (7,65 à 9,35 euros). Ce prix valorise Ymagis à 49,7 millions d'euros.

En 2008, Ymagis avait déjà levé 6 millions d'euros auprès des fonds OTC AM et Odyssée, qui ont pris ainsi 54,6% du capital, soit une valorisation de 11 millions d'euros.

Jamal Henni