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Pour l'AMF, la taxe sur les transactions financières "mettrait en risque" le secteur

Gérard Rameix craint des délocalisations d'activité vers des places financières moins régulées.

Gérard Rameix craint des délocalisations d'activité vers des places financières moins régulées. - -

Le président de l'Autorité des marchés financiers a, ce lundi 3 juin, a mis en garde contre les risques que cette taxe ferait peser sur le secteur bancaire français. Il craint notamment des délocalisations vers des places financières moins régulées.

Gérard Rameix, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme français de la Bourse, fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de la taxe sur les transactions financières (TTF), ce lundi 3 juin.

L'ancien médiateur du crédit, a estimé que la version actuelle de cette contribution, reprenant les propositions de la Commission européenne, "mettrait en risque une partie de l'industrie financière française".

"Des conséquences économiques assez fortes"

Le président de l'AMF s'exprimait depuis le perron de l'Elysée, après avoir remis à François Hollande le rapport annuel de l'AMF, qui sera rendu public la semaine prochaine.

Gérard Rameix a précisé que, dans le courrier joint à ce texte, il mettait en garde contre "le projet existant de la Commission européenne" qui peut selon lui "avoir des conséquences économiques assez fortes en termes de délocalisation d'activités" et n'aurait de surcroît pas "la moindre chance de rapporter autant que ne le prévoit la Commission".

Il ne faudrait pas que "les avantages de cette taxe au plan du financement, soit de l'Union européenne, soit des Etats, et l'idée de faire contribuer la finance au redressement du pays qui sont des idées tout à fait populaires (...) se paient par des transferts d'activités au profit de centres moins régulés et surtout non taxés", a-t-il insisté.

"Plusieurs pays importants, notamment en matière de gestion financière et de marchés financiers, à savoir le Luxembourg, l'Irlande et Londres, ne font pas partie des onze", a-t-il fait valoir.

Un coût de 17 milliards d'euros pour Crédit Agricole

Le projet présenté en février par l'exécutif européen prévoit une taxe de 0,1% sur les actions et les obligations et de 0,01% sur les produits dérivés. Voulue par onze pays (France, Allemagne, Belgique, Portugal, Slovénie, Autriche, Grèce, Italie, Espagne, Slovaquie et Estonie), la taxe est censée rapporter jusqu'à 35 milliards d'euros par an.

De grands groupes comme Natixis ou Crédit Agricole ont déjà affirmé que cette taxe mettait leur industrie en danger. La filiale de BPCE a ainsi évalué le coût à 7 milliards d'euros sur ses activités, la banque verte à 17 milliards d'euros.

La Banque centrale européenne (BCE), elle, estime que les effets de cette taxe sont "ambigüs" avec des conséquences divergentes sur les volumes et la volatilité. Elle appelle ainsi Bruxelles à revoir sa copie.

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J.M. avec AFP