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Moody's dégrade la note de la banque portugaise BES

Les craintes sur l'état de santé de la banque BES ont dépassé les simples frontières portugaises.

Les craintes sur l'état de santé de la banque BES ont dépassé les simples frontières portugaises. - -

L'agence de notation a dégradé de trois crans la note de la banque. S&P l'a dégradé d'un cran. Pourtant, la Banque centrale du pays et le Premier ministre avaient pris la parole, ce vendredi 11 juillet, pour assurer que la banque BES est solide et rassurer ainsi les marchés.

Les autorités portugaises avaient tenté, en vain, de rassurer. L'agence de notation financière Moody's a dégradé, ce vendredi 11 juillet, de trois crans, de Ba3 à B3, la note de la dette à long terme de Banco Espirito Santo (BES), en raison du "manque de transparence" entourant son exposition au reste du groupe portugais.

Standard and Poor's, elle, l'a dégradé d'un cran à B+.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho avait pourtant pris la parole, ce vendredi, pour tenter de calmer les inquiétudes suscitées par la situation de la principale banque privée du pays: Banco Espirito Santo (BES) Cette dernière est dans la tourmente depuis qu'un audit a révélé des irrégularités importantes et une falsification des comptes du holding qui détient la banque.

Des irrégularités qui ont affolé les marchés, au-delà même des frontières portugaises. Le titre de la banque, suspendu hier, avait repris sa cotation ce vendredi 11 juillet et les déclarations d'apaisement s'enchaînaient, donc, depuis ce matin.

Aucune raison pour que l'Etat intervienne

Dans le rôle des pompiers, d'abord la banque centrale portugaise: elle assurait qu'il n'y pas de raison de douter de la sécurité des fonds confiés à la BES.

Le Premier ministre portugais était donc lui aussi monté également au front: "il n y a aucune raison pour que l'Etat intervienne dans une banque qui a des fonds propres solides et qui dispose d'une marge confortable pour faire face à toute éventualité même la plus adverse", avait-il déclaré.

Alors que l'économie portugaise commence à peine à se remettre de quatre ans de crise et d'une cure d'austérité sans précédent, certains craignent que cette situation vienne retarder la reprise qui se fait jour dans le pays et, au-delà, étendre au système financier européen.

Jean-Baptiste Huet avec BFM Business.com