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Malgré leur succès, les banques en ligne peinent toujours à devenir rentables

Le Crédit Agricole vient à nouveau de recapitaliser sa filiale BforBank, pour la troisième fois. La néobanque n'est d'ailleurs pas la seule en difficulté.

Toujours plus de clients mais toujours pas de rentabilité. C'est l'équation à laquelle sont confrontées la quasi-totalité des banques en ligne. Même le pionnier du secteur, Boursorama, lancé il y a 17 ans, est à peine rentable malgré plus de 2,5 millions de clients. De son côté, le Crédit Agricole vient à nouveau de recapitaliser sa filiale BforBank à hauteur de 125 millions d'euros. Quant à Orange Bank, elle en est déjà à plus de 600 millions d'euros de pertes depuis son lancement, il y a seulement 3 ans.

En réalité, toutes attirent les clients grâce à des tarifs très bas et le plus souvent à grands coups de primes. Une stratégie commerciale très agressive qui, selon le régulateur bancaire, peut représenter jusqu'à 24% de leurs revenus. Des clients chers payés donc mais qui rapportent peu. Seuls 7% des clients décident de faire de leur banque en ligne leur banque principale. C'est pourtant la clé pour en faire des clients rentables.

Consolidation du secteur?

Dans ce contexte résume le patron d'une grande banque, seule une consolidation du secteur permettra à tous ces acteurs d'aller enfin chercher de la rentabilité.

Dans sa dernière édition, le Canard enchaîné affirmait d'ailleurs qu'Orange Bank cherchait un repreneur, même si Stéphane Richard a rappelé qu'il ne souhaitait pas vendre.

"Aucune banque en ligne ne gagne de l’argent, car cela coûte très cher de construire une plateforme informatique et d’acquérir de nouveaux clients avec des offres gratuites", explique-t-il néanmoins dans Le Figaro.

L'autre espoir est aussi de profiter de la dynamique européenne. "Hello Bank est rentable sur la plan européen", rappelle ce vendredi sur BFM Business Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas. "En France, non parce qu'elle continue à croître mais elle est tirée par l'Allemagne." Il faudra tout de même trouver une solution pour l'Hexagone, dans un pays où le changement de banque n'est pas une habitude.

Caroline Morisseau avec Thomas Leroy