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Le directeur financier de la Banque Mondiale renonce à son bonus

Bertrand Badré, en charge du plan d'austérité de la Banque Mondiale, devait toucher une prime de 74.000 euros.

Bertrand Badré, en charge du plan d'austérité de la Banque Mondiale, devait toucher une prime de 74.000 euros. - Jean Ayassi - AFP

Le président de la Banque a annoncé que Bertrand Badré allait se passer de sa prime, ce mercredi 8 octobre. En plein plan d'économie de la Banque Mondiale, les employés avaient protesté contre ce bonus.

Le directeur financier de la Banque Mondiale, le Français Bertrand Badré, devra se contenter de son salaire annuel de 397.000 dollars (314.000 euros).

Le groupe international a préféré annuler sa prime de 94.000 dollars (74.000 euros), après de vives protestations des autres employés.

L'annonce a été faite par le président de la BM, l'Américano-coréen Jim Yong Kim, lors d'une réunion publique convoquée dans l'urgence à l'orée de l'assemblée générale de l'institution à Washington, a confirmé le porte-parole de la Banque, David Theis.

Un plan d'économie de 400 millions de dollars

La révélation de cette prime avait provoqué de forts remous en interne où M. Badré supervise notamment un plan d'économies de 400 millions de dollars (416 millions d'euros) sur trois ans, qui pourrait inclure des suppressions de postes.

Dans un mémo interne, l'association des personnels de la BM s'était interrogée sur "l'opportunité de tels versements" étant donné les "sacrifices" demandés aux quelque 10.000 salariés de la BM.

La colère des personnels, mêlée à des doutes sur d'autres aspects de la réorganisation, avait conduit à deux mobilisations rarissimes menées à l'intérieur de la Banque.

Mobiliser ses ressources pour combattre la pauvreté

L'institution avait d'abord défendu le principe de ces primes, estimant qu'elles permettaient d'attirer des dirigeants de "haut calibre", avant d'infléchir son discours mardi en affirmant comprendre le malaise des personnels face à "l'ampleur" de la réorganisation.

Engagée par le président Kim depuis sa nomination en juillet 2012, la restructuration interne de la Banque vise à réduire ses dépenses mais également à doper ses ressources afin d'atteindre son objectif d'éradication de l'extrême pauvreté d'ici à 2030.

J.S avec AFP