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La banque Citigroup paye 7 milliards de dollars d'amende

La banque avait vendu 3,5 milliards de dollars de crédit hypothécaires douteux

La banque avait vendu 3,5 milliards de dollars de crédit hypothécaires douteux - -

La banque américaine paye une amende record pour mettre fin aux poursuites liées à la vente de crédits immobiliers dit 'subprimes'.

Après des mois de négociations tendues, la banque américaine Citigroup a annoncé lundi 14 juillet avoir accepté de payer 7 milliards de dollars pour solder des errements passés dans le secteur immobilier.

La banque versera 4,5 milliards de dollars en liquide au département de la Justice (DoJ) américain, tandis que 500 millions de dollars iront à l'agence américaine de garantie des dépôts bancaires, la FDIC, et à plusieurs Etats américains (Californie, Massachusetts...) qui étaient associés au dossier.

Les 2,5 milliards de dollars restants serviront à dédommager les clients américains sous différentes formes, dont une réduction de prêts immobiliers et d'autres aides pour des travaux liés à l'immobilier.

Subprimes

Il est reproché à Citigroup d'avoir commercialisé entre 2003 et 2008 des placements adossés à des crédits immobiliers fragiles, connus sous le nom de "subprimes".

"L'accord annoncé aujourd'hui avec le département de la Justice, des procureurs et la FDIC résout tous nos litiges en cours sur la titrisation de prêts immobiliers RMBS (Residential Mortgage-Backed Securities) et les CDO (titres dérivés adossés à des crédits immobiliers)", a commenté le directeur général Michael Corbat.

"Nous pensons que cet accord est dans l'intérêt des actionnaires et qu'il nous permet de nous tourner vers l'avenir", a-t-il poursuivi.

Cet arrangement à l'amiable clôture plusieurs mois de négociations tendues entre la banque et les autorités américaines qui avaient menacé un temps Citigroup de poursuites pénales. La banque avait en effet entamé les négociations en proposant de payer 363 millions de dollars, alors que le DoJ en réclamait 12 milliards.

Enquête au Mexique

Pour des faits similaires, mais de plus grande ampleur, JPMorgan Chase avait accepté l'an dernier de verser 13 milliards de dollars pour échapper aux poursuites. Toujours pour les mêmes faits, Bank of America (BofA) est pour sa part engagée dans des négociations très serrées avec les autorités américaines, qui lui réclament près de 17 milliards de dollars, selon la presse.

Citigroup a vendu pour 3,5 milliards de dollars de ces produits complexes, JPMorgan environ pour 33 milliards de dollars, et BofA pour 57 milliards de dollars, selon la FHFA, le régulateur des prêts hypothécaires.

Ces accords s'inscrivent dans le cadre d'une vaste enquête sur les pratiques des banques américaines à l'origine de la crise financière, lancée en 2012 par le ministère américain de la Justice en collaboration avec des procureurs des Etats.

Citigroup n'en a pas pour autant terminé avec les autorités américaines. La banque est l'objet d'enquêtes de la part du gendarme de la Bourse, la SEC, et du DoJ, pour deux cas de fraude découverts au sein de sa filiale mexicaine, Banamex.

J. H. avec AFP