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Colonies israéliennes: quatre banques et un assureur français épinglés pour des participations dans des banques locales

Cinq grands établissements français possèdent des participations dans des entreprises actives dans les colonies.

Cinq grands établissements français possèdent des participations dans des entreprises actives dans les colonies. - MENAHEM KAHANA - AFP

BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE et Axa possèdent des participations dans des banques et entreprises actives dans les colonies, note un rapport de la Fédération internationale des droits de l'Homme.

Axa, BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole et Société Générale détiennent des participations dans des banques et entreprises israéliennes ayant financé la colonisation des Territoires palestiniens, affirme un rapport de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) publié mercredi.

Les parts possédées par ces groupes français, qui dépassent rarement le point de pourcentage, "contribuent indirectement au maintien et au développement" des colonies, selon l'étude intitulée "Les liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne".

Les quatre banques et l'assureur gèrent des "participations financières" ou "détiennent des actions" dans des banques israéliennes, qui constituent un "outil essentiel de la politique de colonisation" en "finançant les constructions", souligne ce rapport co-écrit notamment avec la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la CGT.

Elles ont les mêmes rapports avec des entreprises israéliennes "qui fournissent des services vitaux au maintien et au développement des colonies", tels que "la construction d'habitations ou d'usines, la connexion aux réseaux téléphoniques et internet ou encore l'aménagement en équipements de surveillance".

Banques et assurance "cherchent le profit, quel que soit le résultat", a dénoncé Maryse Artiguelong, vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH). Il est "triste" de voir qu'elles "se mettent dans une telle illégalité juste pour faire un peu plus d'argent", a-t-elle poursuivi.

"Elles ne peuvent pas dire qu'elles ne savaient pas"

Les Nations unies et la grande majorité de la communauté internationale considèrent comme illégales toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée. "On veut que les entreprises françaises retirent leur argent des sociétés israéliennes ayant à voir avec les colonies", comme le stipulent des "recommandations" du ministère des Affaires étrangères publiées en 2014, a expliqué Didier Fagart, un membre de l'association France Palestine solidarité, également co-auteur du rapport.

Le rapport pointe également le fait que BNP Paribas, Société générale, LCL (filiale du groupe Crédit agricole) et Natixis (filiale du groupe BPCE) ont accordé 288 millions d'euros durant la période 2004-2020 à l'entreprise publique Israel Electric Corporation (IEC) pour l'extension de deux centrales au gaz, alors que l'IEC approvisionne en électricité les colonies en Cisjordanie. "Les banques françaises ne peuvent pas dire qu'elles ne savaient pas", a lancé Didier Fagart. "Elles doivent prendre les bonnes décisions."

Des fonds de pension néerlandais et luxembourgeois se sont désengagés ces dernières années des cinq banques israéliennes avec lesquelles les banques françaises ont des liens, pour leur implication dans la colonisation. La Danske Bank et la Deutsche Bank Ethical Fund ont mis l'une d'entre elles sur une liste noire, souligne le rapport.

Axa réagit au rapport de la FIDH

"Nous avions répondu en mai 2016 à un courrier de l’Association France Palestine Solidarité", indique l'assureur dans un communiqué. "Les investissements en question représentent une part infime de nos actifs sous gestion. Néanmoins, comme à chaque fois que nous sommes interrogés sur nos investissements, nous avions fait étudier le cas avec attention par les membres des équipes impliquées dans les décisions relatives à la politique d’investissement responsable. Elles en ont conclu que les entreprises citées ne rentraient pas dans le cadre des exclusions de notre politique d’investissement responsable, qui est publique et reconnue comme une des plus avancées du secteur financier".

Y.D. avec AFP