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Banco Espirito Santo dans la tourmente

Espirito Santo International a été placée mardi sous le régime de gestion contrôlée par le tribunal de commerce de Luxembourg.

Espirito Santo International a été placée mardi sous le régime de gestion contrôlée par le tribunal de commerce de Luxembourg. - -

La banque portugaise, déjà en grandes difficultés financières, a vu son ex-PDG, Ricardo Salgado, mis en examen dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent ce jeudi 24 juillet.

La banque portugaise Banco Espirito Santo (BES) est toujours dans la tourmente. Son ancien PDG, Ricardo Salgado, a été arrêté ce jeudi 24 juillet dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent.

Il avait été écarté de la direction le 20 Juin dernier après la découverte d'irrégularités comptables. L'annonce a quand même fait l'effet d'une bombe au siège de la banque à Lisbonne. L'ancien patron âgé de 70 ans, a été présenté à un juge d'instruction dans le cadre de l'opération Mont Blanc, qui vise à démanteler le plus grand réseau de blanchiment de capitaux du Portugal.

Ses ennuis judiciaires arrivent au mauvais moment pour l'équipe de la BES, qui tentent de rétablir la crédibilité de l'établissement mis à mal par ses récents déboires financiers.

Accusée d'avoir falsifié ses comptes, Banco Esprito Santo a fait trembler les Bourses européennes faisant ressurgir le spectre d'une crise financière. Jusque-là les responsables portugais ont relativisé la situation.

Banco Esprito Santo et le spectre d'une crise financière

Mais Carlos Tavares, le président de l'autorité de régulation portugaise (rien à voir avec celui de Peugeot) n'a pas caché ses inquiétudes sur la stabilité et le sort de la banque dont les actifs pèsent plus de la moitié du Produit intérieur brut du pays.

La holding Espirito Santo Financial Group (ESFG), premier actionnaire de la banque portugaise BES, a annoncé jeudi ne pas être en mesure d'honorer ses dettes et a demandé à être placée en redressement judiciaire auprès des autorités luxembourgeoises.

ESFG emboîte ainsi le pas à deux autres holdings de l'empire familial, Espirito Santo International (ESI) et Rioforte, qui avaient déjà fait la même démarche auprès du tribunal de commerce de Luxembourg où ils ont leur siège.

Cependant, le titre a repris des couleurs à la Bourse grâce à Goldman Sachs. La banque américaine s'est en effet invitée en début de semaine au capital de BES, dont elle détient maintenant 2,27%.

Jean-Baptiste Huet avec AFP