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Amazon France veut convaincre plus de PME de rejoindre sa marketplace

Plus de 13.000 PME françaises ont rejoint la place de marché du géant américain. Mais le potentiel est encore énorme, assure son directeur, Patrick Labarre. Prochaine étape: attirer plus d'acteurs de l'alimentaire.

Dès le début de la crise sanitaire, le gouvernement a exhorté les commerces et les PME à accélérer leur présence en ligne, notamment à travers des dispositifs d'aides. Pour autant, difficile d'improviser dans le commerce en ligne, et les coûts (référencement, logistique, facturation, service client...) peuvent vite devenir ingérables pour des petites structures.

Amazon a tenu à apporter sa pierre à l'édifice en incitant les PME françaises à rejoindre sa place de marché (ou Marketplace). Les avantages: profiter de la force de frappe mondiale du géant américain et de ses nombreux outils (facturation, statistiques, données clients, référencement, expédition si nécessaire...) pour mettre en place une vraie stratégie en ligne.

Les premiers résultats sont au rendez-vous puisque 13.000 de ces PME vendent aujourd'hui sur cette place de marché (contre 10.000 fin 2020). Elles ont vendu plus de 55 millions de produits, contre 45 millions l’année dernière, essentiellement dans les secteurs Santé et Bien-être, Maison, Beauté, Jouets et les vêtements. Plus de 2000 de ces PME ont dépassé les 100.000 euros de ventes et plus de 100 ont dépassé le million d’euros de ventes.

Des ventes à l'export pour 65% des PME présentes

Par ailleurs, plus de 65% d’entre elles ont vendu leurs produits à des clients du monde entier, soit un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros.

Pour autant, il y a encore de la marge. "C'est significatif mais quand on voit ce qui se passe ailleurs en Europe, on voit le potentiel. En Allemagne par exemple, les ventes à l'export des PME du pays sur Amazon atteignent 2,1 milliards d'euros", explique à BFM Business, Frédéric Duval, patron d'Amazon France.

"Beaucoup d'entreprises n'ont pas conscience de la puissance du digital et surtout des marketplaces qui n'exigent pas d'investissement de départ, il y a du renoncement", ajoute Patrick Labarre, en charge des places de marché d'Amazon France.

Désormais, le géant américain veut pousser les acteurs de l'alimentaire à le rejoindre: petits producteurs, vignerons, centrales d'achats... "L'agroalimentaire ne constitue pas la plus grande activité mais cela a vraiment accéléré avec les confinements, il y a une vraie opportunité", ajoute le responsable. "On a un vrai savoir-faire dans l'alimentaire, et la marketplace permet aux acteurs de contourner de nombreuses difficultés pour vendre leurs produits partout dans le monde".

Alimentaire: pas encore un business mais une accélération notable

Et de mettre en avant certains pionniers comme l'entreprise Chacun ses Bulles dans le champagne et les coffrets d'épicerie fine présent chez Amazon depuis mai 2020. La PME se félicité de générer 30% de ses ventes à l'étranger et d'écouler 100 à 150 bouteilles par mois.

Ou encore JeMangeFrançais.fr qui propose des colis de viandes et de charcuterie issues de 200 producteurs hexagonaux. Cette PME 100% digitale a ainsi vendu 7500 produits l'an passé sur Amazon et estime que ce n'est qu'un début quand elle observe ce qui se passe en Italie et en Espagne sur des produits similaires et l'accélération observée depuis les confinements.

Pour le moment, Patrick Labarre indique que dans l'alimentaire, les produits français qui se vendent le mieux sont "le vin, le chocolat, les coffrets d'épicerie, le thé". Mais les Français sont-ils prêts à poursuivre ce type d'achat dans un contexte de retour à la normale. On sait en effet qu'ils sont très attachés à leurs commerces physiques de bouche.

Règles du jeu

"C'est vrai qu'il y a ce lien particulier mais nous offrons le choix. Les habitudes changent, l'offre est plus large et le fait qu'il soit désormais possible de trouver autant de produits change la donne", avance le responsable.

Évidemment, contrairement à des marketplaces locales, gratuites mais peu puissantes, rejoindre celle d'Amazon a un coût, soit des frais mensuels (39 euros par mois), soit des commissions par article vendu (qui varie en moyenne de 7 à 15%) voire les deux pour sa boutique virtuelle, et ce, en fonction de ses ventes.

Et il y a des règles du jeu afin d'éviter d'être exclu de la plateforme. "On demande trois choses simples: de ne pas dépasser un taux maximum d'annulation avant expédition, de non-satisfaction client et d'expédition en retard", explique Pierre Labarre.

"Si ces limites sont dépassées, cela va déclencher des envois de mails aux entreprises mais dans 80% des cas, ça se passe bien", ajoute-t-il, contestant toute expulsion brutale sans préavis. "On a des équipes qui contactent les vendeurs, on les appelle, on demande un plan d'action".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business