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Agroalimentaire : « La Bretagne se meurt »

Des agriculteurs et salariés de l'agroalimentaire manifestent à Morlaix, lundi 14 octobre.

Des agriculteurs et salariés de l'agroalimentaire manifestent à Morlaix, lundi 14 octobre. - -

Un élu de Bretagne a lancé mercredi matin sur RMC un cri d'alarme, après les annonces successives de suppressions de postes dans le secteur de l'agroalimentaire. Le 1er ministre a convoqué une réunion d'urgence à Matignon.

La Bretagne « se meurt ». Plus qu’un constat, c’est un cri du cœur qu’a lancé ce mercredi matin sur RMC Christian Troadec, le maire divers gauche de Carhaix. Le secteur de l’agroalimentaire, gros pourvoyeur d’emplois dans la région, est en effet saigné à blanc. Près de 900 emplois supprimés chez Gad à Lampau-Guimiliau, 400 menacés à l’usine Marine Harvest près de Carhaix, un millier d’emplois liquidés chez le volailler Doux à Pleucadeuc… Et la liste est encore longue (volailler Tilly-Sabco, l'entreprise de salaison Jean Caby…). « 6 000 suppressions de postes en 2013 rien que dans le Finistère ! La Bretagne se meurt ! », s’est alarmé Christian Troadec chez Jean-Jacques Bourdin. Même inquiétude et colère chez Denis, salarié chez Marine Harvest. « C’est une page qui se ferme. Et il faut penser aux jeunes derrière… Le Finistère prend un grand coup aujourd’hui. Si ça continue, le Finistère va rimer avec désert ».

« Ça peut aller très loin, jusqu'à la révolte »

Une réunion d’urgence présidée par Jean-Marc Ayrault avait lieu mercredi matin à Matignon, en présence notamment du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, pour tenter de trouver des solutions. Christian Troadec réclame « la suppression de l'éco taxe en Bretagne ». Une taxe sur les transports qui coûterait de 70 à 80 millions aux seuls secteurs agricoles et agroalimentaires. « Sinon ça peut aller très loin, jusqu'à la révolte », prévient l’élu.

Philippe Gril avec la rédaction