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En 2018, la croissance restera soutenue… mais avec plus d’impôts

L’Insee voit le PIB continuer à progresser sur un rythme comparable à celui de 2017. En dépit du coup de massue fiscal à venir.

La note de conjoncture de l’Insee, qui révèle ses premières prévisions de croissance pour le premier semestre 2018, recèle une bonne et une mauvaise nouvelle.

D’un côté, la croissance ne devrait pas faiblir, et se maintenir à un rythme voisin de 0,5% par trimestre ( 0,5% puis 0,4%, après 0,6% au cours des trois derniers mois de 2017).

La croissance annuelle déjà acquise à la fin du premier semestre (soit la croissance annuelle pour 2018 si l’activité stagnait au second semestre) atteindrait ainsi 1,7%. Comme une rupture brutale de l’expansion est peu probable, il est d’ores et déjà possible d’envisager une croissance 2018 proche de 1,9%, comme en 2017.

La situation est simple: tous les moteurs de la croissance sont allumés. Grâce à un environnement international porteur (stimulation budgétaire aux États-Unis, redressement des pays émergents comme la Russie, l’Inde ou le Brésil, accélération européenne), le commerce extérieur cesserait mi-2018 de peser sur la croissance.

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à déclarer avoir des difficultés à répondre à la demande, et elles affichent une meilleure santé financière: leurs dépenses d’investissements ne devraient donc pas faiblir.

Une légère baisse de la consommation

Les ménages quant à eux, devraient bénéficier de l’augmentation des revenus du travail, davantage tirés par l’augmentation des créations d’emplois (100.000 attendues, en net, au premier semestre) que par les revalorisations de leur feuille de paie.

La hausse de l’inflation et les effets de calendrier des mesures fiscales brideraient temporairement leur pouvoir d’achat pendant l’hiver, faisant plier leur consommation. Mais cette dernière ne devrait pas rompre: les ménages devraient plutôt diminuer leur taux d’épargne en anticipant une amélioration de leur pouvoir d’achat fin 2018.

4,5 milliards d’impôts supplémentaires en 2018

Mais c'est là que se cache la mauvaise nouvelle de ce début d’année. Les impôts payés globalement par les Français vont bel et bien augmenter sur l’ensemble de 2018.

Côté hausses d’impôts: l’augmentation de la CSG et de la fiscalité sur le tabac et l’énergie. Côté baisses: allègement des cotisations sociales des salariés, baisse de l’ISF et instauration du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus de l’épargne, la baisse de la taxe d’habitation et la généralisation du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile. La différence entre les deux représente 4,5 milliards d’impôts supplémentaires sur l'année pour l’ensemble des ménages.

Il y aura donc un vrai coup de massue fiscal en début d’année puisque les hausses de prélèvements seront plutôt concentrées au premier semestre, tandis qu’une partie des baisses n’interviendra qu’en fin d’année. Ainsi, les prélèvements obligatoires pourraient ponctionner le pouvoir d’achat de 0,7% au premier trimestre.

Emmanuel Lechypre