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En 20 ans, la dette de Paris a fait un bond de 600%

Au 1er janvier 2021, l'endettement de la capitale a atteint 7,7 milliards d'euros. Une hausse de 13% en une seule année. Le poids de la dette reposant sur chaque foyer fiscal est nettement plus élevé à Paris qu'à Marseille.

7,713 milliards d’euros, soit une hausse de presque 13% en un an. S’appuyant sur la publication annuelle par Bercy des comptes des collectivités locales, le magazine économique Capital a interrogé la mairie de Paris sur les raisons ayant conduit la plus grande ville de France à laisser filer ainsi sa dette (voir encadré).

De fait, le niveau de l’endettement de la capitale est sans précédent. Et pour en prendre la mesure, il suffit de se pencher sur son évolution depuis le début du siècle. Fin 2001, l’année où Bertrand Delanoë a ravi la mairie à la droite, la dette de la ville se limitait à 1,09 milliard d’euros. A l’issue de ses deux mandats, elle avait progressé de 3 milliards. Et depuis l’arrivée au pouvoir d’Anne Hidalgo, le mouvement s’est amplifié puisqu’en six ans, la dette a augmenté en moyenne de 600 millions d’euros par an.

Une dette de 5390 euros par foyer fiscal

Pour se faire une idée plus parlante de ce que représente cette hausse de l’endettement de la plus peuplée des villes de France, on peut la rapporter par habitant. Elle est passée en un an de 3097 à 3498 euros. Mieux encore, on peut la mesurer par foyer fiscal, puisqu’une dette municipale repose sur les épaules de ses contribuables.

Et là le montant est encore plus impressionnant: 5390 euros. Surtout si on le compare à la dette par foyer fiscal des autres grandes villes de France. Paris arrive en tête, loin devant Marseille (3000 euros). Et la différence avec les moins endettées des grandes capitales régionales est colossale: Toulouse (700 euros), Nantes (1040 euros), Lyon (1320 euros).

Une note financière dégradée en mai dernier

Certes, pour être complet, il faudrait prendre en compte les intercommunalités -sachant que par ailleurs, Paris est la seule ville de France à être également un département- mais cela ne modifie pas la donne en profondeur. La capitale a d’ailleurs vu en mai dernier sa note financière dégradée par l’agence Fitch.

Reste une différence –de taille- entre Paris et Marseille: les revenus et le patrimoine de leurs habitants. Leurs marges de manœuvre fiscale ne sont pas comparables. Mais on voit mal comment Paris pourrait retrouver des marges de manoeuvre budgétaire et continuer à investir au même rythme sans augmenter les impôts.

Comment la mairie de Paris explique-t-elle cette hausse ?

Elle plaide l’effet Covid. La municipalité a eu plus de dépenses à assumer : achat de masques, RSA, soutien aux entreprises. Et moins de recettes pour y faire face: les restaurateurs et les cafetiers ont été exonérés de droit de terrasses, les touristes se sont faits rares, réduisant la manne des taxes de séjour et avec le télétravail, les redevances de stationnement ont bien moins rapporté qu’escompté. Sans compte la baisse du nombre des transactions immobilières qui ont fait fondre les recettes générées par les droits de mutation.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco