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Les autoentrepreneurs lancent leur "boite à outils"

Sylvia Pinel, ministre en charge de l"Artisanat, défend une réforme du statut

Sylvia Pinel, ministre en charge de l"Artisanat, défend une réforme du statut - -

Le combat se durcit entre les autoentrepreneurs et le gouvernement. Leurs fédérations demandent à leurs membres de s’inscrire dès ce lundi 4 juin au RSA ou à Pôle Emploi. Le but: engorger les services de l’Etat pour démontrer leur utilité.

Si le gouvernement persiste à limiter dans le temps, pour certains secteurs, le statut de l’autoentrepreneur ce sont des milliers de personnes qui vont venir grossir les rangs de l’assistanat. Des milliers de personnes qui coûteront à la collectivité.

Ce serait un comble alors que les autoentrepreneurs rapporteraient aujourd’hui, selon le dernier rapport de l’Igas, entre 300 et 500 millions d’euros par an.

"La réforme se dessine"

Malgré ces données les jeux sont faits de l’aveu même des auto-entrepreneurs. Sylvia Pinel, la ministre de l’Artisanat, entend notamment limiter dans le temps le statut de l’autoentrepreneur dans certains secteurs comme la coiffure, la réparation automobile ou le bâtiment. 

Un argument avancé: ces secteurs répondent à une exigence de qualification. Comme si être coiffeur était plus ou moins compliqué qu’être ingénieur en logiciels. Cet argument ne tient pas debout.

Il faut être clair cette réforme est dictée en partie par des considérations politiciennes. Le gouvernement ne veut pas se mettre à dos le lobby des artisans et notamment le lobby des artisans du bâtiment. Ça peut se comprendre mais il faut retenir une leçon: une mesure ne peut jamais plaire à tout le monde... En ménageant la chèvre et le chou le gouvernement risque de mécontenter tout le monde.

"L'esprit des lois"

Et surtout en réformant ce statut de l’autoentrepreneur le gouvernement vient casser l’esprit de la loi. Tout était basé sur la simplicité et la limpidité du dispositif. Y ajouter des critères c’est risquer de voir des milliers d’auto-entrepreneurs retomber dans le travail au noir. C’est éluder le fait que des milliers de personnes ont fabriqué leur emploi grâce à ce statut.

Finalement ce statut de l’autoentrepreneur pourrait être assimilé aux mini-jobs allemands. C’est tout sauf la panacée. Mais c’est mieux que de ne rien faire.

Les autoentrepreneurs comptent maintenant sur l’aide de Fleur Pellerin. La ministre chargée des PME est en ce moment en tournée en Californie. Des contacts ont été noués entre les autoentrepreneurs et le cabinet de la ministre. Evidemment ils laissent entendre que Fleur Pellerin serait très énervée par cette réforme.

En attendant c’est Sylvia Pinel qui reste à la manœuvre. Elle doit rencontrer, jeudi soir, les associations d’autoentrepreneurs. Les poussins eux n’en attendent rien et annoncent très prochainement une grande conférence de presse.


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Emmanuel Duteil