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Les 35 heures auraient été efficaces contre le chômage

Les 35 auraient permis la création de 350.000 emplois, selon l'Insee

Les 35 auraient permis la création de 350.000 emplois, selon l'Insee - Daniel Janin - AFP

Les 35 heures ont été "efficaces" pour lutter contre le chômage, a jugé mardi la députée socialiste Barbara Romagnan. Cette dernière va prochainement publier un rapport qui met en évidence le rôle positif du dispositif.

Manuel Valls a prévenu dimanche: il est hors de question de remettre en cause les 35 heures. Pour apporter de l'eau à son moulin, le Premier ministre va bientôt pouvoir s'appuyer sur les conclusions d'un rapport parlementaire mené par la députée socialiste Barbara Romagnan, qui appartient au groupe des "frondeurs". Ce rapport, qui conclut les travaux de la commission d'enquête sur le sujet, ne doit être publié que la semaine prochaine. Mais la députée PS en a déjà révélé les grandes lignes.

Barbara Romagnan a ainsi indiqué à l'AFP que son rapport juge que les 35 heures ont été "efficaces" pour lutter contre le chômage, et que le texte a été approuvé à 12 voix contre 4 au sein de la commission.

350.000 créations d'emplois

"Entre 1997 et 2002, on a connu la période pendant laquelle le chômage a le plus baissé", de 10,8% à 7,8%, souligne la rapporteure. "Pendant ces cinq années, insiste-t-elle, il y a eu 2 millions de créations d'emploi. C'est la période où le nombre d'emplois par point de croissance est la plus forte de toute l'histoire", poursuit-elle

Ces bons chiffres coïncidaient avec une période de croissance que la France n'a plus connue depuis. Mais "on ne peut pas attribuer ces bons chiffres à la seule croissance", estime Barbara Romagnan, qui cite un chiffrage de l'Insee évaluant à 350.000 les créations d'emploi liées aux 35 heures. Ces mêmes chiffres avaient d'ailleurs été repris par Emmanuel Macron, le 20 novembre dernier, devant les députés.

La politique "la moins coûteuse" pour l'emploi

Pour Barbara Romagnan, les 35 heures ont été la "moins coûteuse" des politiques en faveur de l'emploi: "2,5 milliards d'euros pour l'administration et 2 milliards d'euros pour les entreprises, soit 12.800 euros par emploi créé".

"Moins cher que les exonérations de cotisations sociales sans conditions", souligne la députée socialiste "frondeuse". Par ailleurs, la mesure a également "favorisé l'égalité hommes-femmes", estime-elle, "en permettant aux pères de jeunes enfants de leur consacrer plus de temps" et "en freinant la progression du temps partiel, qui touche surtout les femmes".

Des salariés oubliés

La députée concède toutefois que "certains salariés n'ont pas bénéficié des 35 heures". Parmi les "oubliés" des 35 heures: les "salariés des entreprises de moins de 20 salariés", les "cadres au forfait-jours", ou encore les "employés des hôpitaux". Parmi eux, beaucoup ont vu leurs conditions de travail "s'intensifier".

Les femmes à temps partiel et les femmes peu qualifiées sans enfants ont été les plus touchées", déplore Barbara Romagnan. Mais "fondamentalement, les 35 heures n'ont fait qu'accentuer des travers qui existaient préalablement dans des secteurs où le temps de travail était déjà très partiel et flexible", affirme-t-elle.

Pour la députée, la réduction du temps de travail reste "une solution" face à la crise actuelle. Mais selon elle, il ne faut plus penser ce type de mesures sur une base quotidienne ou hebdomadaire, comme pour les 35 heures. "Je ne défend pas les 32 heures, assure-t-elle. Je défends plutôt une espèce de compte épargne temps dans lequel on puisse mettre des jours pour les utiliser à d'autres moments de sa vie."

J.M. avec AFP