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La voiture autonome va-t-elle révolutionner le temps de travail?

Débarrassés des contraintes de la conduite, les salariés se rendant à leur bureau pourraient profiter du trajet pour travailler. Les entreprises doivent mener une réflexion sur la manière dont elles vont accompagner cette mutation.

La voiture autonome est amenée à bouleverser les déplacements. Mais elle va aussi transformer les journées de travail. Finies les heures perdues dans les embouteillages, à pester car on va arriver en retard au bureau. Débarrassé des contraintes de la conduite, le salarié pourra éventuellement profiter de ces moments pour travailler. D'autant que les constructeurs automobiles mettent un point d'honneur à concevoir des véhicules confortables et connectés, permettant toutes sortes d'activité.

"Les chefs d'entreprise doivent commencer à réfléchir à l'impact d'un avenir sans conducteur sur la productivité de la main-d'œuvre", font valoir Ellis Talton et Remigton Tonar, deux experts en innovation stratégique, dans une tribune publiée dans Forbes. Les trajets en voiture pourraient avoir un impact direct et significatif sur l’activité économique. Mais cette révolution doit s'accompagner d'une réflexion. Les dirigeants devront se poser les mêmes questions que lors du développement des outils numériques et de l'adoption du télétravail. Le travail à distance permet-il d'être aussi productif ? Comment le manager peut garder un œil sur le travail de ses collaborateurs? Est-ce que cela va avoir un impact sur la culture d'entreprise?

Du travail en plus pour les salariés

Selon des chercheurs, ces voitures autonomes vont aussi favoriser l'émergence des grandes banlieues. La population n'hésitera plus à choisir un domicile éloigné du lieu de travail, les trajets étant devenus non plus une contrainte mais du temps à utiliser à part entière. "Si les entreprises exigent toujours que les travailleurs de ces zones extra-urbaines effectuent un long trajet pour se rendre au bureau, ils devront probablement faire face à des employés qui arrivent "en retard" et prétendent travailler à partir de la voiture", font valoir les deux experts.

Les chefs d'entreprise devront aussi composer avec de nouvelles habitudes de leurs salariés qui "peuvent également être incités à prendre des pauses-repas hors du bureau plus longues, sachant qu’ils peuvent travailler sur place, s’ils le souhaitent." Tous ces cas de figure nécessiteront donc d'être examinés, pour voir quelle position prendre et quelles limites poser.

Le point de vue du salarié doit aussi être pris en compte. Équipé de ce qui peut être considéré comme un bureau mobile, il peut se trouver face à une charge de travail supplémentaire plutôt que de bénéficier de temps libre en plus. Il n'a plus l'excuse de ne pas répondre au téléphone, de ne pas répondre à un mail ou de ne pas participer à une vidéoconférence car il est au volant. Cette thématique risque donc d'être au cœur des débats entre direction et partenaires sociaux dans les années à venir.

C.C.