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L'usine Whirlpool d'Amiens partiellement bloquée

La délocalisation de la production de l'usine d'Amiens avait été annoncée il y a trois mois

La délocalisation de la production de l'usine d'Amiens avait été annoncée il y a trois mois - François Nascimbeni - AFP

Une soixantaine de salariés ont bloqué l'entrée poids lourd du site dont la production doit bientôt être délocalisée en Pologne. Emmanuel Macron doit visiter l'usine prochainement.

La situation est sous haute tension à l'usine Whirlpool d'Amiens. Une soixantaine de salariés bloquaient depuis lundi matin l'entrée poids lourd du site promis à la fermeture en organisant un piquet de grève, ainsi qu'une partie de la production, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Cette action est également symbolique par sa date, trois mois après la décision annoncée du groupe électroménager de délocaliser la production en Pologne et de fermer l'usine de sèche-linges en juin 2018, dans cette région de Picardie déjà frappée par de nombreuses fermetures de sites industriels.

"Voilà trois mois jour pour jour que les négociations du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) ont débuté et, depuis, que du blabla... C'est pourquoi nous sommes là aujourd'hui. Depuis la manifestation à La Défense (le 18 avril, NDLR) nous n'avons eu aucun contact avec la direction", a expliqué à l'AFP Frédéric Chanterelle, délégué CFDT.

Une grève "jusqu'à de nouvelles négociations"

Il a précisé que cette grève "se poursuivra jusqu'à de nouvelles négociations avec la direction: on les avait prévenus, ils ne nous ont pas écoutés. Arrêtons de tourner en rond désormais!".

Des salariés bloquaient ainsi les entrées et sorties des poids lourds à l'aide de pneus et palettes en feu. Mais ils n'empêchaient pas leurs collègues d'accéder au site afin que ces derniers "ne perdent pas une journée de salaire".

Selon un autre syndicaliste, Pascal Lefebvre (CFTC), l'activité du site était réduite mais pas nulle: "Celui qui veut travailler, travaille. On n'empêche personne de travailler. Ce matin, il y avait 30% de salariés qui bloquaient. Deux-trois machines sont sorties ce matin".

La venue d'Emmanuel Macron

La direction de Whirlpool, contactée par l'AFP, a pour sa part indiqué "comprendre l'émotion des salariés" mais appelle "à ce que la grève prenne fin afin qu'un dialogue social apaisé et constructif puisse reprendre".

Le gouvernement planche sur une éventuelle reprise du site employant 290 salariés, auxquels s'ajoutent 250 intérimaires employés quasiment en permanence et une centaine de salariés du sous-traitant Prima.

Emmanuel Macron, candidat d'En Marche! à la présidentielle et qualifié pour le second tour, originaire d'Amiens, a promis la semaine dernière qu'il rendrait visite "entre les deux tours" aux salariés de l'usine Whirlpool.

"J'ai eu au téléphone un de ses représentants qui m'a dit qu'il voulait venir cette semaine. Je ne sais pas quel accueil les salariés lui réserveront car ça fait trois mois qu'on lui demande de nous soutenir", a déclaré Frédéric Chanterelle.

Ce dernier a précisé que les salariés seront reçus vendredi à la préfecture dans le cadre de la commission de suivi "pour évoquer les pistes de reprise". Les blocages pourraient se poursuivre d'ici là.

J.M. avec AFP