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Gattaz: la loi Travail "ne servira strictement à rien pour l’emploi"

Pierre Gattaz a qualifié le texte actuel de la loi Travail de "monument de complexité" ce jeudi.

Pierre Gattaz a qualifié le texte actuel de la loi Travail de "monument de complexité" ce jeudi. - Eric Piermont/AFP

Le président du Medef rencontrait Manuel Valls ce jeudi après-midi afin d'évoquer la loi Travail. À la sortie de l'entrevue, le représentant du patronat semblait ne plus croire en ce texte.

Le mécontentement domine chez le président du Medef après sa rencontre du jour avec le Premier ministre. "La loi Travail: énorme déception", a lâché Pierre Gattaz en sortant de Matignon.

Après le pacte de responsabilité et son impact positif sur les marges, "je pensais que la loi Travail définie en janvier aurait permis de faire l'électrochoc nécessaire de confiance et de simplification que les entreprises, les TPE, les PME attendaient", a-t-il ajouté, en référence à la première version du texte, publiée en février.

"Des tas de complexités"

Cette version a été largement réécrite par Matignon, après les vives critiques des syndicats et des politiques, qui la considéraient comme étant trop favorable pour l'entreprise.

"Aujourd'hui nous sommes dans une version 4, je dirais un monument de complexité, absolument illisible pour les TPE-PME. Les mesures intéressantes pour les TPE-PME, notamment les plafonnements des (indemnités aux) prud'hommes, les mesures directes comme le forfait-jour ou l'aménagement du temps de travail qu'on aurait pu imaginer faire directement avec le salarié ont sauté, et on a vu apparaître des tas de complexités dans tous les sens", selon Pierre Gattaz.

"Plus personne n'y comprend rien sur le terrain et c'est une loi qui ne servira strictement à rien pour l'emploi, j'en suis désolé, je l'ai dit au Premier ministre", a lancé le représentant des patrons.

Gattaz "pessimiste"

Pierre Gattaz s'est dit "très déçu, très pessimiste", espérant "qu'il y aura une lueur d'espoir pour éventuellement rajouter quelques mesures fortes, simples", citant le plafonnement des indemnités prud'homales.

Il a également redit que l'article 2, accordant la primauté de l'accord d'entreprise sur la branche en terme d'aménagement du temps du travail, était "la dernière chose intéressante" qui demeurait dans le texte.

A.R. avec AFP