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Gattaz: "Ce qui a été annoncé sur la pénibilité et le prélèvement à la source ne nous convient pas"

Pierre Gattaz veut modifier en profondeur le compte pénibilité.

Pierre Gattaz veut modifier en profondeur le compte pénibilité. - Bertrand Guay - AFP

Le président du Medef demande au gouvernement "d'arrêter le compteur" du compte pénibilité et de "refonder" le système.

Pierre Gattaz a appelé à "arrêter le compteur" du compte pénibilité et à "refonder" le système, que le gouvernement a annoncé vouloir simplifier d'ici la fin de l'année. "Ce qui a été annoncé sur la pénibilité et le prélèvement à la source ne nous convient pas", a déclaré le président du Medef lors d'une conférence de presse, estimant que le gouvernement n'avait fait que "repousser le problème". "Reculer le mur ne le supprime pas", a-t-il observé.

Le compte pénibilité, pleinement en vigueur depuis 2016, permet aux salariés du privé exposés à au moins un facteur de pénibilité d'engranger des points permettant de partir plus tôt à la retraite, de se former ou de travailler à temps partiel. Mais il est jugé trop complexe par le patronat.

Simplifier ce dispositif

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 30 mai se donner jusqu'à la fin de l'année pour simplifier ce dispositif, tout en assurant qu'il ne s'agissait "en aucun cas de revenir sur le principe et en aucun cas de revenir sur les droits qui sont acquis".

Fustigeant un dispositif "anxiogène", "inapplicable" et qui "coûte une fortune" concernant le compte pénibilité, Pierre Gattaz a effectivement jugé qu'il fallait "tout simplifier". Mais "notre souhait c'est qu'on réforme la totalité du dispositif et qu'on le refonde, sans doute à l'occasion des discussions sur les retraites en 2018", a estimé le patron des patrons.

"En attendant, nous demandons instamment au gouvernement d'arrêter le compteur", a-t-il plaidé, réclamant une réponse "le plus vite possible". Interrogé sur les pistes du Medef pour réformer le système, Pierre Gattaz a proposé notamment de supprimer le critère "chimique". Sur les trois critères concernant l'ergonomie (vibrations, postures, charges lourdes), il a proposé de les remplacer par des "visites médicales" et de la "prévention".

Les accords de branche ne priment "que par exception"

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a rappelé son souhait que les chefs d'entreprise puissent négocier "le plus de choses possible" et "déroger aux accords de branche" qui, selon lui, ne doivent primer que "par exception". "L'entreprise est un cas unique. C'est elle qui a des clients uniques, qui a des hommes et des femmes uniques, des technologies uniques, etc. Donc il faut donner la possibilité au chef d'entreprise de négocier le plus de choses possible avec ses salariés, directement", a-t-il plaidé en insistant sur la nécessité de passer les réformes rapidement.

Le président du Medef a rappelé le "rôle crucial et fondamental" de la branche mais a souhaité que chaque entreprise puisse y déroger "lorsque cela n'induit pas de distorsion de concurrence". Selon lui, la branche doit se limiter à guider "les petites entreprises qui n'ont pas le personnel pour discuter de l'organisation" et ne primer que "par exception, pour éviter le dumping social et l'anarchie". "Typiquement, dans le nettoyage, lorsqu'une entreprise perd un contrat avec une société, elle a l'obligation de transférer ses salariés à l'entreprise qui a gagné l'appel d'offre. Dans ce cas, c'est la branche qui régule et c'est très bien."

D. L. avec AFP