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Démantèlement de Goodyear: le juge demande la suspension

Le TGI a décidé de suspendre le démentèlement.

Le TGI a décidé de suspendre le démentèlement. - Denis Charlet - AFP


Enième revirement dans le dossier Goodyear. Un juge des référés d'Amiens a ordonné la suspension du démantèlement de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, fermée en janvier 2014, comme le demandait la CGT qui soutient un projet de reprise par une coopérative, a-t-on appris de sources concordantes. "Le TGI vient de suspendre le démantèlement de l'usine pour trois mois", a indiqué à l'AFP l'avocat de la CGT, Fiodor Rilov, qualifiant la décision "d'excellente nouvelle".

Le 27 mai, la CGT Goodyear d'Amiens-Nord avait assigné le fabricant de pneus américain devant le juge des référés du TGI d'Amiens pour qu'il cesse de "démanteler" les machines de l'usine que d'anciens salariés souhaiteraient reprendre pour créer une coopérative. Le projet présenté début mai repose sur l'acquisition de l'activité pneu agraire que Goodyear a décidé d'abandonner dans la région Europe-Moyen-Orient-Afrique.

Il permettrait, selon le syndicat, de sauver plusieurs centaines d'emplois. Mais la direction de Goodyear a estimé le 22 mai que la proposition de Scop "ne présente pas un projet d'entreprise viable". Selon Me Rilov, Goodyear n'a cependant répondu qu'à un seul des scénarios de reprise possibles. La firme n'a pas examiné le rachat pur et simple des machines, a-t-il estimé. "Nous espérons encore les convaincre de nous laisser récupérer un outil industriel, en le payant à son prix, au lieu d'envoyer les machines à la casse", a déclaré l'avocat. C'est dans cette perspective que le juge des référés a ordonné "le maintien sur le site d'Amiens Nord" d'une liste d'équipements "jusqu'à l'achèvement du processus d'examen de la proposition" de rachat de ces matériels par la Scop, "dont la durée ne pourra être inférieure à trois mois", peut-on lire dans l'ordonnance dont l'AFP a eu copie. Il a également condamné Goodyear Dunlop Tires France à verser 50 euros à chacun des près de 90 plaignants.

Selon Me Rilov, "la prochaine étape, c'est le gouvernement qui doit en fixer la date et le contenu, en prenant ses responsabilités". Le syndicat avait aussi convoqué en intervention forcée devant le TGI, lundi, un représentant de l'Etat, invoquant le fait que le préfet de la Somme, au nom du ministère de l'Economie, avait co-signé l'accord de fin de conflit qui stipulait que Goodyear s'engageait à ne pas entraver une reprise. Un an et demi après la fermeture de l'usine, 195 des 1.143 salariés licenciés ont retrouvé un travail ou créé leur propre entreprise et 272 sont en formation.

D. L. avec AFP