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Contrat de Transition Professionnelle : comment ça marche ?

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Nicolas Sarkozy annonce l'extension du Contrat de transition professionnelle. Présentation de cette mesure et témoignages de bénéficiaires.

Parmi les mesures pour l'emploi que doit annoncer Nicolas Sarkozy ce mardi, figure l'extension de l'accès au Contrat de transition professionnelle. Expérimenté depuis avril 2006 dans 7 bassins d'emplois sinistrés, ce contrat concerne 4 300 personnes.
Il s'agit d'un contrat destiné aux salariés victimes d'un licenciement économique et issus d'entreprises de moins de 1000 personnes. Concrètement, durant un an, le demandeur d'emploi reçoit 80% de son salaire brut. Pas pour se tourner les pouces, mais pour suivre une formation. Par exemple, un cuisinier licencié peut très bien l'accepter pour devenir gérant de restaurant. Pour cela, il bénéficie d'un suivi personnalisé. 7 zones expérimentent actuellement ce système, de Charleville-Mézières à Toulon en passant par Valanciennes.

Entre 60 et 70% de retour à l'emploi

Séverain Prenet, secrétaire confédéral CFDT en charge du chômage, explique les avantages du CTP : « On a un taux de retour à l'emploi qui est très correct, de l'ordre de 60 à 67% avec des pointes à 70% dans certains endroits. Concrètement pour le bénéficiaire, on lui propose toute une série d'ateliers, il est accompagné pas à pas dans ses recherches, c'est un suivi vraiment personnalisé et très renforcé. »

Cependant, il tient à fortement nuancer ces bons points. Il précise que « les personnes qui bénéficient du CTP sont des licenciés économiques. Or, les licenciés économiques représentent seulement 6% des entrées au chômage. Pour nous c'est dramatique : il faut s'occuper des licenciés économiques, mais il y a les autres 94% des personnes qui rentrent au chômage, qui sont en fin de CDD, qui sont licenciés pour d'autres raisons que des raisons économiques, et eux aussi ont droit à un bon accompagnement. »

« J'ai testé le CTP »

Frédéric Guglielmini est un ouvrier de 42 ans. Depuis le 1er novembre 2007, il bénéficie du CTP. Il travaillait auparavant dans la métallurgie avant d'être licencié économique. Il souhaite devenir chauffeur routier. Il a relaté son expérience : « J'ai été accompagné par une structure parallèle à l'ANPE. On a un référent, on a pu faire un bilan ensemble par rapport à mes capacités et à mes envies. Ils ont décidé que j'étais apte à faire le métier de chauffeur routier. C'est un cursus assez long, qui a duré plus de 7 mois. J'ai passé mon permis C. Ce qui m'intéressait, c'était le chimique, donc j'ai fait l'option citerne. Le problème du transport, c'est que les employeurs recherchent des gens qui ont de l'expérience. Fin novembre, je vais passer mon dernier stage, et j'ai déjà pris des contacts pour la suite ».

La rédaction et Christophe Bordet-Bourdin & Co