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Chômage: Muriel Pénicaud a fait son premier point trimestriel

Muriel Pénicaud refuse de commenter les chiffres de Pôle emploi

Muriel Pénicaud refuse de commenter les chiffres de Pôle emploi - Goeffroy Van der Hasselt - AFP

Au cours de cette première réunion des "Rendez-vous de Grenelle", la ministre du Travail a commenté une batterie d'une quarantaine de statistiques et a une nouvelle fois affiché sa préférence pour les chiffres de l'Insee face à ceux de Pôle emploi.

Muriel Pénicaud a tenu ce mardi son premier pont trimestriel sur le marché du travail. La ministre du Travail avait d'entrée prévenu à son arrivée à Grenelle qu'elle ne commenterait pas les chiffres mensuels de Pôle emploi car ils "ne reflétaient pas bien l'évolution du marché du travail". Elle s'était en revanche engagée à faire un point "approfondi" tous les trois mois.

Mardi, se prêtant pour la première fois à l'exercice, elle a marqué sa préférence pour le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT), utilisé dans l'enquête emploi de l'Insee, sur lequel "elle communiquera le plus régulièrement".

40 indicateurs au peigne fin

Les indicateurs de Pôle emploi et de l'Insee ne mesurent pas le chômage de la même manière: Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes, alors que l'Insee réalise une enquête auprès de 110.000 personnes. Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l'Insee s'ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, certains jeunes, chômeurs pour l'Insee mais inéligibles à l'assurance chômage, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi.

Une compilation de 40 indicateurs a été distribuée mardi, avant l'intervention de la directrice de la Dares (service des statistiques du ministère) et un débat avec des économistes, lors de cette rencontre baptisée "Rendez-vous de Grenelle".

Se montrant optimiste pour les derniers mois de l'année, l'un des intervenants, Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) a souligné que malgré la reprise, il fallait être "attentif" à la "dégradation de la qualité des emplois sur le marché du travail".

En conclusion, la ministre a pointé "la conjoncture de reprise de la croissance" et "la création d'emplois nets". Mais, a-t-elle aussi indiqué, "il faut être très attentif à la qualité de l'emploi" (revenu, sécurité de l'emploi, environnement de travail, etc...)

Évoquant la réforme du travail en cours via des ordonnances, elle a vanté ses effets. "Hier (lundi) soir, j'étais avec 40 des plus grands investisseurs étrangers en France" qui "m'ont assuré" que les réformes étaient "en train de débloquer" des décisions d'investissement. "Les réformes structurelles, c'est maintenant qu'il faut les faire", a-t-elle dit.

J.M. avec AFP