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Baisse des charges, économies...les annonces de François Hollande

François Hollande a notamment annoncé une baisse des charges pesant sur les entreprises, à hauteur de 30 milliards d'euros.

François Hollande a notamment annoncé une baisse des charges pesant sur les entreprises, à hauteur de 30 milliards d'euros. - -

Lors de sa conférence de presse, mardi 14 janvier, le président de la République a notamment annoncé une forte baisse des charges pesant sur les entreprises. Il a donné quelques précisions sur la manière de réduire la dépense publique.

François Hollande n’a pas déçu. En tout cas, pas les entreprises. Lors de sa conférence de presse, ce mardi 14 janvier, le chef de l’Etat a donné des précisions sur le fameux "pacte de responsabilité" qui doit permettre aux entreprises françaises de regagner de la compétitivité via une baisse des charges, en échange d’efforts sur l’emploi.

Cette baisse sera finalement de 30 milliards supplémentaires (après les 20 milliards issus du Crédit d’impôt compétitivité). Le président français a en effet annoncé la disparition des cotisations familiales d’ici à 2017, pour les entreprises et les travailleurs indépendants.

Tandis que du côté de la fiscalité, François Hollande a affirmé sa volonté de supprimer un certain nombre de petites taxes, sans entrer vraiment dans le détail. Concernant le CICE, il pourra être "échangé" contre une baisse des charges après 2016 si les entreprises le souhaitent.

50 milliards d'économies entre 2015 et 2017

Pour autant, cette baisse spectaculaire des charges sur les entreprises ne pèsera pas sur les ménages qui "ne le supporteraient pas", a-t-il assuré. Ce sont en effet les économies, "un préalable à toute baisse d’impôts", qui financeront ce pacte de responsabilité. Le président de la République l'a réaffirmé par la suite: les prestations familiales ne subiront "aucun préjudice".

Là aussi, l’annonce, bien que déjà évoquée, a fait son effet. La dépense publique devra diminuer de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017, du jamais-vu. Pour ce faire, François Hollande compte engager des "réformes structurelles". Et notamment en ce qui concerne les collectivité locales: ainsi, et pour la première fois depuis le début de son mandat, le chef de l’Etat a admis que le nombre de régions pourrait "évoluer". "Notre organisation territoriale devra être revue" pour "en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions" de compétences, a-t-il encore dit, alimentant les spéculations sur une future disparition des départements au profit des grandes métropoles.

En outre, François Hollande a annoncé la création d’un "conseil stratégique de la dépense publique", afin d’évaluer les politiques publiques. Il en assurera lui-même la présidence.

Hollande refuse l'étiquette de "social-libéral"

Le président a donc amorcé, ce mardi 14 janvier, un tournant dans sa politique économique. Même s’il a clairement refusé l’étiquette de "social-libéral", préférant celle de "social-démocrate". "Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c'est tout le contraire, puisque c'est l'Etat qui prend l'initiative et qui fait en sorte que nous puissions renforcer notre pacte productif", s’est-il défendu.

Néanmoins, l’incertitude plane quant à la réaction de sa majorité, notamment devant ce "cadeau" fait aux entreprises. "Je sais qu'elle sera là", a-t-il assuré, rappelant que le pacte de responsabilité sera formalisé par un document, et présenté devant l’Assemblée. Et n’oubliant pas son traditionnel humour : "s'il suffisait d'être de gauche pour creuser les déficits, mes prédécesseurs sont d'extrême gauche!"

Le titre de l'encadré ici

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L'Etat bientôt au capital de PSA?

"Si nous sommes saisis, nous agirons". Sans l’affirmer clairement, François Hollande n’a pas écarté une intervention de l’Etat au capital de PSA. Mais il a précisé que si tel était le cas, "ce ne serait pas sur des fonds budgétaires", mais plutôt sur "des produits de cession". "Nous avons des réserves", a-t-il assuré.

Yann Duvert