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Woerth juge impossible de refinancer les retraites par l'impôt

Le ministre français du Travail, Eric Woerth, a jugé impossible mercredi de refinancer le régime de retraite par une augmentation des cotisations ou de la fiscalité et a privilégié plus explicitement la piste d'un allongement de la durée du travail. /Phot

Le ministre français du Travail, Eric Woerth, a jugé impossible mercredi de refinancer le régime de retraite par une augmentation des cotisations ou de la fiscalité et a privilégié plus explicitement la piste d'un allongement de la durée du travail. /Phot - -

PARIS - Le ministre français du Travail, Eric Woerth, a jugé impossible mercredi de refinancer le régime de retraite par une augmentation des...

PARIS (Reuters) - Le ministre français du Travail, Eric Woerth, a jugé impossible mercredi de refinancer le régime de retraite par une augmentation des cotisations ou de la fiscalité et a privilégié plus explicitement la piste d'un allongement de la durée du travail.

Le gouvernement a commencé cette semaine une concertation avec les syndicats en vue de la présentation d'un projet de loi en septembre. Selon un rapport d'un organisme officiel, le déficit du régime atteindra 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050 si rien n'est fait (voir ).

"On voit bien que ce sont des chiffres qui ne sont pas atteignables par la fiscalité", a dit Eric Woerth sur RTL.

Il estime que le produit de l'impôt sur le revenu est d'environ 50 milliards d'euros annuels, de même que celui de l'impôt sur les sociétés.

"Il faudrait doubler ces impôts pour uniquement parvenir à l'équilibre. On voit bien que quand il y a des problèmes de cette nature, structurels, il faut passer par d'autres voies", a-t-il expliqué.

Excluant aussi une baisse du niveau des pensions, il a expliqué que la seule piste crédible à ses yeux était celle d'un allongement de la vie au travail.

"L'allongement du temps de travail, quand vous vivez plus longtemps, vous devez passer plus de temps au travail (...) L'âge légal de 60 ans est évidemment en débat, il ne faut pas avoir de tabou dans ce type de sujet", a-t-il dit.

L'une des autres pistes, a-t-il convenu, est de modifier le mode de calcul des retraites pour les fonctionnaires, basés sur les six derniers mois de salaires et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé. "Il faut plus de convergence", a-t-il déclaré.

Dans l'hypothèse d'un alignement de la règle pour les fonctionnaires sur ce fondement des 25 ans, il serait techniquement possible pour l'administration de retrouver les chiffres, a dit Eric Woerth, démentant des affirmations de certains techniciens et élus de gauche, selon lesquels l'Etat n'a pas les données nécessaires.

"Vous croyez que l'administration française ne peut pas reconstituer une carrière de fonctionnaire ? Il n'y a pas de problème pour reconstituer la carrière d'un fonctionnaire, ce n'est pas un sujet", a-t-il assuré.

Les syndicats de salariés refusent une réforme de l'âge légal de 60 ans et disent vouloir privilégier une recherche de nouvelles sources de financement.

Ils s'appuient ainsi sur une conclusion de la Cour des comptes en 2007 qui préconisait une taxation des stock-options et des indemnités de départ, perçues en particulier par les cadres et dirigeants d'entreprises. Une telle taxe aurait rapporté plus de six milliards d'euros en 2005, soulignait la Cour des comptes.

Thierry Lévêque, édité par Clément Dossin