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Valls: "la désindustrialisation en France n'est pas une fatalité"

Manuel Valls estime que l'élection de Donald Trump est due à la peur de la mondialisation

Manuel Valls estime que l'élection de Donald Trump est due à la peur de la mondialisation - Alain Jocard - AFP

À la suite de l'élection de Donald Trump, qui a fait campagne contre la mondialisation, le Premier ministre a vanté ce jeudi 10 novembre son bilan pour le soutien de l'industrie.

La désindustrialisation de la France "n'est pas une fatalité". Voilà ce qu'a affirmé ce jeudi 10 novembre Manuel Valls en visitant une usine récemment sortie de redressement judiciaire, estimant que l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche reflétait "la peur de la mondialisation".

Lors de ce déplacement dans l'Essonne, le chef du gouvernement a également évoqué, sans détailler, son intention d'"ouvrir de nouvelles pistes" et de faire "des propositions" concernant le financement du "modèle social français".

"Notre industrie n'est pas condamnée"

En combinaison quasi-intégrale dans les "salles blanches" débarrassées de la moindre particule de poussière, le Premier ministre a visité le site de semi-conducteurs X-Fab (ex-Altis, ex-IBM), une usine moderne et à forte valeur ajoutée qui vient d'être reprise par ce groupe allemand après un passage en redressement judiciaire.

L'exemple de cette entreprise "dit que notre industrie n'est pas condamnée, contrairement à la petite musique que parfois on peut entendre. La désindustrialisation n'est pas une fatalité!", a lancé le Premier ministre lors d'un discours suivant la visite.

"On sent bien la peur de la globalisation, de la mondialisation et on joue sur ces peurs", a affirmé Manuel Valls, soulignant que ce constat valait "pour l'Amérique du Nord comme pour l'Europe".

"Deux défis considérables"

La victoire surprise de Donald Trump a relancé le débat en France sur l'impact de la mondialisation sur l'industrie et les classes moyennes occidentales, principal thème de la campagne du milliardaire américain.

Le Premier ministre a au passage salué l'action des "commissaires du redressement productif" créés par Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, pour préserver "254.000 emplois" dans quelque 2.750 PME en difficulté.

Pour Manuel Valls, "nos sociétés sont confrontées à deux défis considérables: préserver leurs modèles démocratiques (...) et préserver notre modèle social".

"Et préserver notre modèle social, ce n'est pas être figé, il faut ouvrir de nouvelles pistes et notamment le financement de notre modèle social, qui doit être plus dynamique", a plaidé Manuel Valls, annonçant des "propositions" à venir.

"Il n'y a pas de mondialisation heureuse ou naïve"

Accompagné du secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirigue, il s'est ensuite rendu à l'usine de moteurs aéronautiques Safran Aircraft Engines (ex-Snecma) d'Evry-Corbeil sur ses terres d'élection de l'Essonne. Puis de poser la première pierre d'un centre de formation de mécanique industrielle destiné à l'aéronautique, à Bondoufle, toujours dans l'Essonne.

Après avoir posé avec de jeunes apprentis faisant un "dab" (geste emprunté au hip-hop), Manuel Valls, qui cultive son statut de recours possible à François Hollande pour la bataille présidentielle de 2017, a continué à adresser des messages à "la classe ouvrière".

"Il n'y a pas de mondialisation heureuse ou naïve, et moi je comprends les inquiétudes des ouvriers et des employés", a-t-il dit, soulignant que c'était toutefois aux dirigeants politiques de montrer les "opportunités" de la mondialisation. 

"Il y en a qui expliquent qu'il n'y a plus de classe ouvrière dans ce pays. Ce n'est pas vrai! Il y a encore une majorité d'ouvriers et d'employés" en France, a-t-il par ailleurs souligné.

Le gouvernement a "inversé la tendance" de la désindustrialisation, a-t-il encore affirmé, appelant à "sortir d'une forme de morosité et de déprime nationale".

J.M. avec AFP