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Valls et Hollande n'ont pas reculé que sur la loi El Khomri

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- - Stéphane de Sakutin-AFP

L'exécutif a annoncé lundi le report de quinze jours du projet de réforme du droit du travail. Mais ce n'est pas sa seule reculade: sur la formation et le RSA, il a aussi lâché du lest. En attendant de céder sur le salaire des fonctionnaires?

C’est passé inaperçu lundi avec l'annonce du report de la loi El Khomri. Mais l’exécutif a aussi lâché du lest sur d'autres dossiers pour calmer le jeu. Il l'a d'abord fait sur le plan formation puisqu'il a décidé de payer presque totalement la note des 500.000 formations supplémentaires promises cette année par l’Elysée.

Ne pas braquer les régions

Or, on avait cru comprendre au départ que l’exécutif voulait que les régions qui sont les collectivités compétentes en matière de formation participent à leur financement. 

Mais pour ne pas braquer les présidents de régions, dont beaucoup sont dans l’opposition depuis décembre dernier, l’exécutif a tout simplement accepté d’ouvrir les cordons de sa bourse.

Cela fera quand même plus d’un milliard. Mais c’est le prix à payer pour que les régions ne traînent pas les pieds et ne sabotent pas le plan formation.

Renationalisation du RSA

Autre exemple récent de reculade avec le RSA. Aujourd’hui, les présidents de départements, dont une grande majorité est de droite, doivent se prononcer sur la proposition faite par Manuel Valls de faire prendre totalement en charge par l’État les 10 milliards de coût du RSA.

Ils vont bien sûr dire oui d’autant qu’ils demandaient cette prise en charge en raison des coûts exponentiels du revenu d'activité. Le gouvernement leur a donc donné satisfaction sur ce point. Mais en plus, il ne leur retirera pas de ressources fiscales comme l’ancienne taxe professionnelle ou les droits de mutation immobiliers comme il pensait le faire en compensation. Une reculade à près de 4 milliards d'euros tout de même. 

Les fonctionnaires en embuscade

Quelle pourrait être la prochaine reculade du gouvernement? Incontestablement la rémunération des 5,4 millions de fonctionnaires.

La semaine dernière, le gouvernement, par la voix de la nouvelle ministre de la Fonction publique Annick Girardin, a promis "un geste, même symbolique".

Mais le "même symbolique" ne plaît pas aux syndicats qui rappellent que le point d’indice est gelé depuis 2010 et réclament une véritable augmentation. Sauf que 1% d’augmentation, c’est tout de suite 1,5 milliard de dépenses en plus alors qu’il manquerait déjà 8 milliards pour tenir le budget 2016.

Gouvernement et syndicats se rencontrent le 17 mars. Et s’ils n’ont pas satisfaction, ces derniers appellent à la manifestation le 22 mars. Le 22 mars, n’est-ce pas la veille du jour où le projet El Khomri devrait être présenté en conseil des ministres?

P.C