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Union européenne

Pourquoi il y a peu de chance de voir les vaccins chinois et russes en Europe, selon Thierry Breton

Invité de BFM Politique ce dimanche, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, explique qu'il s'agit avant-tout d'une question de timing.

Les vaccins contre le Covid-19, c'est "un succès de l'Europe", martèle Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, ce dimanche sur le plateau de BFM Politique. Et de répéter que l'Union dispose désormais de cinq sérums développés, pour la plupart, sur le Vieux Continent.

Pourtant, certains s'interrogent: pourquoi se priver du vaccin russe (Sputnik V) et chinois (Coronavac)? "Je suis pragmatique, mon rôle est de faire en sorte que les vaccins qui fonctionnent arrivent en temps et en heure", répond le commissaire sur notre antenne.

Le responsable rejette tout dogmatisme: "Si on a une agence de santé, c'est pas pour rien, on accueille tout le monde, encore faut-il qu'on nous fasse la demande. Sur les vaccins chinois, on n'a pas eu de demande."

Un autre monde

Concernant celui développé en Russie, "j'ai beaucoup de respect pour les scientifiques russes mais la question n'est pas là. Il faut qu'ils fassent la demande, elle a été faite il y a quelques jours, ça va prendre plusieurs semaines, je pense quelques mois. Je n'ai aucune raison de douter qu'à la fin il y aura une autorisation" nous répond-il.

Mais pour Thierry Breton, c'est surtout le timing qui n'est pas bon. "A partir du moment où c'est autorisé, il faut une dizaine de mois minimum pour faire une usine. Donc si vous signez aujourd'hui une précommande, vous n'en n'aurez pas le bénéfice avant l'année prochaine donc on sera dans un autre monde", estime-t-il. Car à cette échéance, quasiment toute la population européenne sera vaccinée.

"J'ajoute qu'il faudra travailler sur les variants et que les vaccins qui sont approuvés aujourd'hui ne seront peut-être pas ceux dont on a besoin au mois d'octobre, je ne dis que ça et je ne porte aucun jugement sur la qualité" du vaccin russe, le commissaire faisant état d'une moindre efficacité du sérum chinois "si on en croit ce qui se passe au Chili".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business