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Pour Christine Lagarde, la corruption est un "cancer qu'on retrouve pratiquement dans tous les cas de figure actuels"

Quelques jours avant sa prise de fonction à la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde était sur le plateau de BFMTV ce mercredi. Elle détaille sa vision de la situation économique mondiale et européenne.

Christine Lagarde s’est exprimée sur notre antenne pendant les quelques jours de battement où elle n'est plus directrice générale du FMI et pas encore présidente de la BCE, poste qu'elle occupera officiellement à compter du 1er novembre.

L'ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy a tenu à préciser que le "mandat impératif" de la BCE est d’assurer la stabilité des prix. Une façon de rassurer ceux qui au sein de l'équipe des gouverneurs critiquaient l'approche plus large de son prédécesseur, Mario Draghi. Christine Lagarde espère pouvoir "travailler dans une atmosphère pacifiée" avec le conseil des gouverneurs, principal organe de décision, et gouverner de manière collective.

"J'ai besoin d'une équipe, j'ai toujours su travailler en équipe et j'espère que, leur permettant de s'exprimer, ménageant des instances de dialogue, peut être un peu plus que ce qu'avait fait l'extraordinaire président Draghi, on arrivera à une pacification de la relation et un conseil des gouverneurs qui aura des débats où les désaccords subsisteront sans aucun doute mais où, une fois que la décision sera prise, on pourra ensuite mettre en oeuvre la politique monétaire de manière efficace".

Contre le protectionnisme 

La future présidente de la BCE se pose aussi en défenseure d'une économie ouverte sur le monde. Le protectionnisme n’est "propice ni à la croissance, ni aux échanges", selon elle. 

"La richesse des échanges est absolument indispensable. Si on a des hommes, des capitaux, des produits, des services qui peuvent s'échanger, passer les frontières, on sera en mesure de répondre à des défis qui sont d'ordres mondiaux qui ne sont pas protectionnistes". 

En revanche, s’il y a une nécessité de protection, c’est la protection "des règles du jeu". Ne citant personne, elle juge tout de même que "les règles ne sont pas toujours appliquées de manière loyale". "Là il y a un devoir de vigilance, un devoir de protection, pas de protectionnisme mais de protection des règles du jeu". 

La corruption, l'origine des problèmes 

Contestations populaires, défiance des élites… Christine Lagarde "essaye de comprendre et analyser" ce qui est à l'origine des problèmes. Et de pointer du doigt les inégalités mais aussi la corruption: 

"La corruption est une espèce de cancer qu'on retrouve pratiquement dans tous les cas de figure actuels", affirme-t-elle. "La lutte contre la corruption, la transparence dans de multiples domaines qui vient soutenir le combat contre la corruption et toutes les mesures qui seront prises pour réduire les inégalités [...] fait partie des nécessités". 

L’un des principaux chantiers du FMI était de réduire les inégalités. Pour cela il faut impérativement préserver les mesures de protection sociale et viser une croissance "durable, stable et inclusive".

Sans détailler la politique monétaire qu'elle entend défendre, elle précise tout de même la politique bénéfique des taux négatifs qui permettent d"encourager l'investissement" et de "relancer l'activité". 

Sibylle Aoudjhane