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Migrants: l'UE veut des quotas, "normal que chacun prenne sa part" juge Cazeneuve

Une photo prise par le ministère britannique des Affaires étrangères au large des côtes italiennes.

Une photo prise par le ministère britannique des Affaires étrangères au large des côtes italiennes. - LA PHOT JJ MASSEY - ROYAL NAVY - CROWN COPYRIGHT 201 - AFP

Obligation de solidarité pour l'accueil des réfugiés, ouverture à l'immigration économique, retour forcé pour les illégaux: la Commission européenne va présenter mercredi un plan d'action pour tenter de stopper le trafic de migrants, mais beaucoup de ses propositions suscitent déjà l'hostilité dans les pays de l'UE.

La question des migrants qui affluent en Europe va pousser mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à demander aux Etats membres de prendre en charge une partie des réfugiés. "Les Etats de l'UE doivent montrer leur solidarité et redoubler leurs efforts pour aider les pays de la ligne de front", dont l'Italie, pointe un document consulté par l'AFP et Le Figaro notamment. "Il est normal qu'il y ait une répartition", a jugé lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, interrogé par RTL sur le sujet. D'ailleurs, "ces propositions (dont on connaîtra le détail mercredi) s'inspirent d'une partie des propositions de la France" puisqu'il affirme que la France avait formulé cette proposition de quotas "au mois d'août".

Dans le détail, obligation de solidarité pour l'accueil des réfugiés, ouverture à l'immigration économique ou retour forcés pour les illégaux feront partie du plan d'action de la Commission européenne pour tenter de stopper le trafic de migrants.

Mais les divisions sont si fortes qu'aucun chiffre n'avait encore été arrêté dimanche sur le nombre de places à offrir aux réfugiés syriens. De plus, le caractère contraignant n'avait toujours pas été accepté dimanche, car certains commissaires veulent une base "volontaire", rapporte l'AFP.

"Six pays prennent en charge 80% des migrants

"Six pays - Allemagne, Royaume Uni, France, Suède, Italie, Belgique - ont à charge 80% des demandes d'asile dans l'UE, 15 pays acceptent d'accueillir des réfugiés et treize ne font rien, ne prennent aucune responsabilité", dénonce l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, président du groupe Libéral au Parlement européen. La solidarité est le thème politiquement sensible de la proposition. Elle a fait capoter le sommet européen extraordinaire organisé le 23 avril après une série de naufrages meurtriers.

Plus de 9.000 personnes parties des côtes de la Libye à bord d'embarcations surchargées ont été sauvées et sont arrivés au cours de la semaine en Italie, où leur accueil représente un défi, car les centres du pays hébergent déjà plus de 80.000 migrants.

La France veut réformer son "droit d'asile"

Plus globalement, il n'y pas de consensus sur les autres propositions du texte. Le groupe du Parti Populaire Européen (PPE), la famille politique de Jean-Claude Juncker, a opposé une fin de non recevoir à son intention d'ouvrir des voies légales pour l'immigration économique. Les migrants économiques doivent être refoulés, et les procédures de renvoi accélérées, "sinon, à terme, nous perdrons tout soutien populaire pour les réfugiés", a soutenu Manfred Weber, le président du groupe PPE.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron, qui vient d'être réélu, a largement joué cette carte pendant la campagne. En France, actuellement, la question du droit d'asile est discutée pour pour être réformée au Sénat, et une loi immigration devrait venir d'ici le mois de juillet, a annoncé Bernard Cazeneuve.

Sur RTL, le ministre a promis que la France resterait ferme, pour éviter une nouvelle polémique. "Tous ceux qui relèvent du droit d'asile doivent être accueillis. Ceux qui n'en relèvent pas seront reconduits à la frontière".

S.A. avec AFP