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Le sous-sol portugais regorge de lithium, métal vital pour la production de batteries

Le Portugal est déjà le principal producteur européen de Lithium, avec une part de marché de 11%, mais sa production sert entièrement à la céramique et à la verrerie.

Le Portugal est déjà le principal producteur européen de Lithium, avec une part de marché de 11%, mais sa production sert entièrement à la céramique et à la verrerie. - Francisco LEONG-AFP

Plusieurs projets d'extraction du lithium voient le jour au Portugal. La demande de ce métal gris argenté explose avec l'essor du besoin en batteries lithium-ion pour véhicules électriques.

La course à l'extraction du lithium est lancée au Portugal, déjà principal producteur européen avec une part de marché de 11%. La société minière britannique, Savannah Resources, espère ouvrir en 2020 la première mine importante de lithium en Europe, dans une région de monts, tout au nord du pays. Savannah a revu l'estimation des gisements du site de Mina do Barroso en hausse de 44%, à 20,1 millions de tonnes de minerai d'une teneur en lithium de 1,04%.

A 25 kilomètres de là, tout près de la frontière espagnole. la société portugaise Lusorecursos prétend elle aussi être assise sur "le plus important gisement de lithium en Europe", soit 30 millions de tonnes de minerai d'une teneur de 1,09% qu'elle compte commencer à extraire de roches en 2020 également, selon son directeur financier Ricardo Pinheiro.

Actuellement, la plus grande mine de lithium d'Europe est déjà en production au Portugal. Elle est exploitée par Grupo Mota et sa filiale Felmica, dans la région de Guarda, dont les réserves sont estimées à 30 ans de production. Fondée en 1967, Felmica est une entreprise d'extraction et de traitement de matières premières destinées à l'industrie céramique, secteur gros utilisateur de ce métal alcalin.

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- © Des ouvriers pratiquent l'extraction du lithium à la mine de Barroso à Boticas dans le nord du Portugal. Francisco Leong-AFP

Mais l'engouement actuel pour ce métal de couleur blanche ou gris argenté est alimenté par le fait qu'il un élément essentiel des batteries lithium-ion. Ces accumulateurs sont vitaux pour les smartphones ou PC portables mais ils sont de plus en plus indispensables aux véhicules électriques, qui ont besoin de batteries puissantes.

Pour ce métal alcalin, les gisements exploitables à moindre coût ne sont pas si nombreux dans le monde. Ils se trouvent inégalement répartis, dans les zones dotées de grands lacs salés comme au Chili, en Bolivie, en Argentine et Australie.

"On assiste à une ruée vers l'or blanc dans plusieurs régions du monde. Pour l'Europe et son secteur automobile, l'idée d'une chaîne d'approvisionnement allant du minerai à la voiture électrique est très attrayante", relève Howard Klein, du cabinet de conseil en investissement new-yorkais RK Equity.

Bruxelles veut en Europe une filière industrielle liée aux batteries

"Le lithium pourrait valoir de l'or pour le Portugal, puisque nous estimons qu'en 2025 le marché européen des batteries vaudra 250 milliards d'euros par an", fait valoir le vice-président de la Commission européenne chargé de l'Energie, Maros Sefcovic. Le commissaire slovaque porte depuis près d'un an un projet de filière capable de construire au sein de l'UE une nouvelle génération de batteries électriques "vertes", recyclables et réutilisables. Son ambition est de réduire la dépendance de l'Europe alors qu'elle importe déjà 86% du lithium qu'elle consomme, en provenance du Chili et d'Australie.

Au Portugal, l'État ne veut pas se limiter à recevoir les royalties de l'activité d'extraction de ce minerai devenu très demandé. "Nous voulons saisir l'occasion de développer des secteurs industriels liés à la transformation du minerai, à la fabrication de batteries, au secteur automobile ou aux énergies renouvelables", a précisé le secrétaire d'État à l'Énergie, Jorge Seguro Sanches. Le projet d'extraction de la société portugaise Lusorecursos à Montalegre va dans ce sens puisqu'elle entend construire une usine capable de transformer ce minerai avant de le vendre à la filière de la batterie.

F.Bergé avec AFP (Thomas Cabral)