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L'Europe valide un dispositif pour mieux contrôler les investissements chinois

Les pays de l'UE, ainsi que la Commission, pourront donner leur avis sur cet investissement, même si "la décision finale reviendra aux capitales

Les pays de l'UE, ainsi que la Commission, pourront donner leur avis sur cet investissement, même si "la décision finale reviendra aux capitales - Fredéric Florin - AFP

Le texte vise à renforcer la coopération entre les Etats membres face aux acquisitions faites dans les secteurs stratégiques, comme l'intelligence artificielle, la robotique, les nanotechnologies, les télécommunications, par des investisseurs tiers. Il répond aux inquiétudes des membres face à la montée en puissance de Huawei.

Le Parlement européen a donné jeudi son feu vert pour la mise en place d'un cadre européen de contrôle des investissements étrangers dans l'UE. Il est destiné à répondre à l'inquiétude des plus grands Etats membres face aux acquisitions, principalement chinoises, dans les secteurs stratégiques.

Ce texte, à portée limitée, vise à renforcer la coopération entre les Etats membres, avec l'appui de la Commission européenne, lorsque des investisseurs issus de pays tiers s'intéressent à des entreprises européennes sensibles. Il a été adopté alors que les activités du géant chinois des télécoms Huawei suscite l'inquiétude.

Il est adopté au moment où les activités du géant chinois des télécoms Huawei suscitent l'inquiétude.

"Cette législation est bien sûr totalement neutre et non discriminatoire, mais ce n'est un secret pour personne (...) qu'il y a une question autour de la Chine", a affirmé mercredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

La France, l'Allemagne et - à l'époque - l'Italie, inquiètes de voir des groupes étrangers, notamment chinois, s'offrir à moindre coût et de manière qu'ils jugent déloyale une expertise et des technologies clés en rachetant leurs entreprises, réclamaient de longue date cette législation pour mieux filtrer certaines opérations (appelé "screening" en anglais).

En 2016, l'Allemagne et l'UE n'avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies "made in Germany" lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea, pour 4,6 milliards d'euros.

"la décision finale reviendra aux capitales"

"Acquérir des infrastructures, des technologies ou des intérêts stratégiques devient un objectif politique. L'Europe, avec cet instrument, pourra mieux se prémunir de l'effet papillon d'un investissement", s'est félicité jeudi l'eurodéputé français Franck Proust (PPE, droite), rapporteur du texte pour le Parlement européen.

L'intelligence artificielle, la robotique, les nanotechnologies, les télécommunications ou encore les terres agricoles font parties des secteurs susceptibles d'être concernés par ce nouveau règlement européen.

Concrètement, les Etats devront fournir, sous certaines conditions, des informations sur un investissement étranger dans leur pays aux autres membres de l'UE, si "l'ordre ou la sécurité publiques sont concernés".

Les pays de l'UE, ainsi que la Commission, pourront donner leur avis sur cet investissement, même si "la décision finale reviendra aux capitales", comme l'a souligné Cecilia Malmström mercredi.

Pressée par le président français Emmanuel Macron, malgré les réticences de plusieurs Etats membres, la Commission européenne avait présenté cette proposition, en septembre 2017.

Treize pays européens sont déjà dotés d'un dispositif de filtrage des investissements au niveau national qui leur permet de s'opposer à une opération