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En 2022, la France organisera un sommet sur la défense européenne

La création d'une force européenne de réaction rapide de 5000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois

La création d'une force européenne de réaction rapide de 5000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois - FREDERICK FLORIN

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen, annoncé l'organisation d'un sommet en France. Elle estime qu'il est temps pour l'Europe d'agir là où l'Otan et l'ONU ne sont pas présents.

Un sommet sur la défense sera organisé par la présidence française de l'Union européenne au premier semestre de 2022, a annoncé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, alors que le retrait d'Afghanistan a relancé la réflexion sur l'autonomie des Européens

"Le moment est venu pour l'Europe de passer à la vitesse supérieure" pour se "défendre contre les cyberattaques, agir là où l'Otan et l'ONU ne sont pas présents et gérer les crises à temps", a-t-elle expliqué dans un discours sur l'état de l'Union devant les députés européens à Strasbourg.

La création d'une force européenne de réaction rapide de 5000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois et le retrait américain d'Afghanistan a relancé le débat en soulignant les carences militaires du vieux continent. Pour le le Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, cette armée doit permettre à l'UE d'intervenir "pour protéger nos intérêts lorsque les Américains ne veulent pas être impliqués".

La création de cette force avait été abordée en mai dernier par quatorze pays de l’UE, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Grèce, Chypre, la République tchèque, le Portugal, l’Irlande et la Slovénie.

Trois obstacles à surmonter

Le projet ne fait pas l'unanimité, avait toutefois reconnu Josep Borrell à l'issue d'une réunion des ministres de la Défense de l'UE début septembre en Slovénie.

"Vous pouvez disposer des forces les plus avancées du monde, mais si vous n'êtes jamais prêts à les utiliser, à quoi servent-elles? Ce qui nous a retenus jusqu'à présent n'est pas seulement un manque de capacités - c'est le manque de volonté politique", a déploré Ursula von der Leyen. "Si nous développons cette volonté politique, nous pouvons faire beaucoup au niveau de l'UE", a-t-elle soutenu.

La présidente de l'exécutif bruxellois a pointé trois obstacles à surmonter: l'absence de coopération en matière de renseignement, le problème d'interopérabilité des matériels militaires européens et les carences dans la cyberdéfense.

Ursula von der Leyen a plaidé pour la création d'un centre européen pour canaliser et fusionner les renseignements et les éléments d'analyse européens. Elle a par ailleurs proposé aux Etats membres de "renoncer à la TVA lors de l'achat d'équipements de défense développés et produits en Europe".

Elle a enfin défendu l'adoption d'une "politique européenne de cyberdéfense avec une législation sur des normes communes". "Nous pouvons donc faire beaucoup au niveau de l'UE. Mais les Etats membres doivent également en faire plus", a-t-elle averti.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama avec AFP Journaliste BFM Éco