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Dérapage du déficit: "Il n’y a pas d’inquiétudes chez nos partenaires" européens, assure Macron

Le président de la République, Emmanuel Macron.

Le président de la République, Emmanuel Macron. - Capture d'écran BFMTV

Le président français a affirmé ce vendredi que ses homologues européens n'ont soulevé aucune inquiétude sur son choix de creuser le déficit en 2019 pour répondre à la colère des gilets jaunes. Il a insisté sur le maintien et la poursuite des réformes sociales.

Pour tenter d'apaiser la colère des gilets jaunes, Emmanuel Macron a annoncé cette semaine 10 milliards d'euros de dépenses supplémentaires en 2019.

En conséquence, la France passera à nouveau au-dessus de la fameuse barre des 3% de déficit, alors que le président de la République avait fait du respect des règles budgétaires la condition sine qua non du retour de la "crédibilité" de Paris sur la scène européenne.

En déplacement à Bruxelles pour le sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, Emmanuel Macron a pu sonder ses homologues sur ses récentes décisions budgétaires. "Il n’y a pas eu de discussions ni d’inquiétudes chez nos partenaires", a affirmé le président français ce vendredi en conférence de presse.

Les réformes maintenues et confirmées à nouveau

Pour rassurer les 27, Emmanuel Macron leur a assuré que, malgré la crise des gilets jaunes, il n'a pas changé de cap. Les mesures prises lundi ne sont qu'une "accélération et une amplification" de son programme de 2017, a-t-il rappelé, tout comme sa volonté que "le gouvernement poursuive les réformes prévues", citant celles de l'État, de l’indemnisation du chômage et des retraites.

Évoquant la grande consultation nationale qui devra permettre de rebâtir un modèle de société, le président a indiqué qu'elle devra se faire en "ayant à l'esprit deux dettes: la dette écologique et la dette budgétaire".

"Aucune bonne solution de court terme ne serait être trouvée si elle vise à sacrifier ceux qui ne sont pas autour de la table, c'est-à-dire nos enfants. C’est exactement ce que j’ai dit lundi soir aux Français, c'est ce que j’ai pu évoquer dans des discussions informelles avec nos partenaires et ce qui est parfaitement compris", a déclaré Emmanuel Macron. "Ça se traduit de manière très concrète par une stratégie de réforme qui est maintenue et reconfirmée et une stratégie budgétaire qui est adaptée à ce choix d’accélération, mais qui garde son sérieux et en particulier la maîtrise des dépenses."

"Un politique ne doit pas penser qu’aux prochaines élections"

Par ces déclarations, Emmanuel Macron répond à la pique lancée plutôt dans la journée par le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. Ce dernier a salué les "messages d'ouvertures" donnés par le président français aux gilets jaunes, "mais il y a aussi des directions à prendre, on ne peut pas hypothéquer les futures générations sur des demandes actuelles de l’un ou l’autre".

"On ne peut pas dire 'aujourd’hui on distribue et après moi le déluge', un politique ne doit pas penser qu’aux prochaines élections, mais aussi aux prochaines générations. Un discours régulier avec les partenaires sociaux permet d’éviter, en tout cas chez nous, une grogne sociale importante", a taclé Xavier Bettel, alors qu'Emmanuel Macron est souvent accusé de court-circuiter les corps intermédiaires.

Jean-Christophe Catalon