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Ces pays européens qui subissent le temps partiel... et ceux qui le choisissent

41 millions d'Européens travaillent à temps partiel

41 millions d'Européens travaillent à temps partiel - Miguel Ropa - AFP

Selon Eurostat, 41 millions d'Européens travaillaient à temps partiel en 2018. Très répandu aux Pays-Bas ou en Allemagne où il est majoritairement choisi, le temps partiel est plus rare dans les pays de l'est. D'autres pays comme la Grèce ou l'Italie y ont recours, à défaut d'avoir mieux.

Contrainte ou choix délibéré? Près de 41 millions d'Européens de 20 à 64 ans travaillaient à temps partiel en 2018. Soit environ 19% de l'emploi total dans l'UE, selon Eurostat

Mais les marchés du travail européens sont loin d'être homogènes en la matière. Les pays affichant les plus forts taux de travail à temps partiel se distinguent généralement par des politiques publiques de partage du temps de travail visant à utiliser le temps partiel comme outil de baisse du taux de chômage, quand bien même celle-ci s'opérerait parfois au prix d'emplois précaires, à l'image des "mini jobs" plafonnés à 450 euros par mois sans cotisations sociales ni retraites en Allemagne.

Ainsi le temps partiel représente 46,8% de l'emploi total aux Pays-Bas, 27,6% en Autriche, 26,8% en Allemagne, 24% en Belgique, 23,3% au Royaume-Uni... À l'inverse, il est peu répandu dans les pays de l'est puisqu'il ne pèse que 1,8% de l'emploi total en Bulgarie, 4,2% en Hongrie et 4,8% en Slovaquie. La France, elle, se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne (18,5%) avec un taux de travailleurs à temps partiel atteignant 17,8% en 2018. 

Plus le temps partiel est répandu, moins il est subi

Si le fort recours au temps partiel dans un pays résulte le plus souvent d'une certaine vision du marché de l'emploi et d'un choix de société, cela ne veut pas nécessairement dire que ces modèles sont subis par la population. Bien au contraire: les pays affichant les plus forts taux de travail à temps partiel enregistrent généralement des niveaux de temps partiel subi particulièrement faibles (7% en Belgique, 10,5% en Autriche...). 

Aux Pays-Bas par exemple, seules 7,8% des personnes à temps partiel disent l'être parce qu'elles ne trouvent pas de travail à temps plein. Le résultat d'une politique combinant famille/emploi qui permet aux Néerlandais de travailler en moyenne moins de 30 heures par semaine et qui est loin de ne concerner que des emplois précaires. Dans ces conditions, l'employé peut mieux organiser son temps pour équilibrer vie professionnelle et vie privée.

En Allemagne, le recours au temps partiel, majoritairement pratiqué par les femmes, est avant tout de l'ordre du culturel. Là-bas, où le temps partiel subi ne représente que 10,4% du temps partiel total, il n'est pas rare de voir les femmes stopper leur carrière à la naissance d'un enfant et de ne reprendre un travail à temps partiel qu'une fois son entrée en maternelle. Une situation qui a poussé le pays a multiplier les crèches ainsi qu'à voter une loi garantissant une place en crèche pour les enfants âgés de 1 à 3 ans. 

Le temps partiel plus souvent subi dans les marchés de l'emploi fragiles

En revanche, le temps partiel est le plus souvent subi dans les pays qui ont été durement touchés par la crise financière de 2008 et dont certains affichent encore un taux de chômage élevé. 

C'est le cas de la Grèce où 70,4% des personnes à temps partiel disent le subir. En Italie, le niveau de temps partiel subi atteint 65,6%, 64,7% à Chypre, 56,5% en Espagne... La France se situe également au-dessus de la moyenne européenne (26%) avec plus de 42% des personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler davantage. 

inégalités hommes/femmes

Le temps partiel est beaucoup plus pratiqué par les femmes que les hommes. Au sein de l'Union européenne, 30,8% des femmes étaient à temps partiel en 2018 contre seulement 8% des hommes.

L'écart est encore plus notable aux Pays-Bas où 73,8% des femmes sont à temps partiel contre 23% des hommes. Même chose en Allemagne (46,7% des femmes à temps partiel, 9,3% des hommes) ou en Belgique (40,5% des femmes et 9,4% des hommes). Dans l'Hexagone, 28,7% des femmes sont à temps partiel, contre 7,6% des hommes.

Paul Louis