BFM Business

Brexit: l'UE prête à un "effort raisonnable" sur la pêche

Les pêcheurs de Port-en-Bessin (Calvados) s'inquiètent des conséquences du Brexit

Les pêcheurs de Port-en-Bessin (Calvados) s'inquiètent des conséquences du Brexit - MYCHELE DANIAU / AFP

Bruxelles a proposé de poursuivre les négociations avec Londres dans les "deux, trois semaines à venir". Le négociateur britannique s'est quant à lui dit "déçu" du peu d'avancées dans les discussions.

L'UE s'est dite jeudi prête à "un effort raisonnable" sur la pêche, l'un des points de blocage des négociations sur sa relation post-Brexit avec Londres, et a proposé de poursuivre les pourparlers dans les "deux, trois semaines à venir", au premier jour d'un sommet européen jugé "décevant" par les Britanniques.

"Nous savons bien que nous allons devoir faire un effort: il faut que cet effort soit raisonnable, qu'il préserve les activités de pêche de l'UE", a affirmé le négociateur européen Michel Barnier. "Cela passe par un accès aux eaux qui soit réciproque et stable", ainsi que par "une répartition juste des quotas: nous n'y sommes pas", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

"J'ai indiqué dès le mois de juillet l'ouverture à discuter (sur le sujet), je n'ai pas eu réellement d'ouverture réciproque" sur l'accès aux eaux britanniques pour les entreprises de pêche européennes, a-t-il fait valoir, se prévalant de "la grande unité et grande solidarité" de l'ensemble des Etats membres.

Londres "déçu"

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange -qui entrerait en vigueur début 2021 à la fin de la période de transition- patinent. Michel Barnier a indiqué ce jeudi que des "progrès" avaient été accomplis sur certains sujets et que des "divergences" subsistaient sur d'autres. "Mais il y a trois sujets sur lesquels l'écart est trop grand aujourd'hui pour que je puisse dire maintenant que la perspective est celle d'un deal", a-t-il reconnu.

Outre la pêche, les blocages concernent les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence et la manière de régler les différends dans le futur accord. Ce dernier dossier n'a pas la même importance pour tous les Etats membres mais certains, France en tête, en ont fait une ligne rouge. Michel Barnier a proposé jeudi de se rendre à Londres "la semaine prochaine" pour reprendre les pourparlers, "week-end compris si nécessaire", avant de les poursuivre à Bruxelles la semaine suivante.

"J'ai proposé à l'équipe britannique de négocier dans le bref espace de temps qu'il nous reste, de façon à discuter d'un accord jusqu'à fin octobre", a-t-il déclaré. Le négociateur britannique David Frost a immédiatement réagi sur Twitter, se disant "déçu" et "surpris que l'UE ne s'engage plus à travailler de manière intensive" à un accord et que les Vingt-Sept demandent encore des efforts à Londres.

P.L. avec AFP