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Union européenne

Allemagne: malgré l'inflation, le futur gouvernement prêt à augmenter le salaire minimum de 25%

Le gouvernement de coalition allemand a confirmé mercredi une hausse du salaire minimum à 12 euros de l'heure dès l'année prochaine. Une mesure qui préoccupe la Bundesbank dans un contexte de tensions inflationnistes.

C’était l’une des principales promesses du futur chancelier allemand Olaf Scholz. Mercredi, la coalition "feu tricolore" qui rassemble le Parti social-démocrate (SPD), le Parti libéral-démocrate (FDP) et les Verts a signé un nouvel accord de gouvernement actant une revalorisation de 25% du salaire minimum dès l’année prochaine. Il devrait ainsi passer de 9,60 euros de l’heure à 12 euros brut. A titre de comparaison, le Smic horaire brut français est de 10,48 euros.

Instauré en 2015, le salaire minimum doit déjà être augmenté à 9,82 euros de l’heure au 1er janvier 2022 puis devait passer à 10,45 euros six mois plus tard, comme le prévoyaient les recommandations de la Commission fédérale chargée de le réévaluer tous les deux ans. Mais le nouveau gouvernement allemand a décidé d’aller plus vite pour le porter à 12 euros le plus vite possible. Aucun calendrier n’a toutefois été présenté.

D’après les dires d’Olaf Scholz cité par La Croix, 10 millions de salariés profiteront de cette hausse de salaire. Il y a notamment les salariés du tertiaire travaillant dans la restauration ou le commerce qui ne sont pas toujours couverts par une convention collective. Les travailleurs exerçant des petits boulots limités à 10 heures seront également les principaux bénéficiaires. Enfin, les salariés gagnant plus que le salaire minimum pourront eux aussi profiter de cette mesure si leur accord de branche prévoit de maintenir un certain écart de rémunération avec le salaire minimum.

La Bundesbank contre une hausse du salaire minimum

Les syndicats d’outre-Rhin se félicitent sans surprise de cette hausse historique du salaire minimum. D’autant que l’inflation allemande bat des records ces derniers mois dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et de forte reprise économique mondiale. En novembre, elle a atteint un plus haut depuis 1992, à 5,2%.

La mesure ne fait pourtant pas l’unanimité. La Bundesbank, banque centrale allemande, a publiquement dénoncé la revalorisation du salaire minimum en la jugeant "inquiétante". Selon elle, cette mesure alimentera le risque de déclenchement d’une boucle prix-salaires qui ne ferait que renforcer l’inflation.

Du côté des organisations patronales, on estime que le renchérissement du coût du travail menacera l’emploi. "L’emploi va continuer à baisser (…). Nous ne pouvons pas absorber le nouveau salaire minimum et les salaires supérieurs en augmentant les prix comme dans d’autres industries", a déclaré Manuela Härtelt-Dören, présidente de l’Association centrale du commerce de la coiffure.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco