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Une publicité "made in Normandie" bannie du métro de Londres

La campagne de publicité de la région Normandie n'a pas été du goût de TFL (Transport for London), qui a refusé de l'afficher dans les stations de métro. En Grande-Bretagne, elle crée un buzz inattendu que les Normands n'osaient même pas espérer.

Le Brexit fait-il perdre au Britanniques leur légendaire sens de l’humour? Au vu de la réaction de "Transport for London" (TFL), l’organisme public qui gère les transports à Londres, on commence à le croire. Il a tout simplement refusé l'affichage cette semaine d'une campagne de communication du Conseil régional de Normandie.

L'annonce en cause demande aux entrepreneurs d'affirmer leur refus du Brexit en votant "avec leurs pieds", c’est-à-dire en traversant la Manche pour s'installer en Normandie.

Et pour mieux attirer les regards des londoniens, le message fait la Une du Normandy Times, un quotidien qui bien sûr n’existe pas. TFL a jugé cette campagne de promotion trop polémique du fait "des images et des messages qui évoquent des sujets sensibles ou controversés pour le public".

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- © AD Normandie

"Cette décision est assez piquante, d'autant que cette censure provient du pays du libéralisme", a réagit Hervé Morin, président de la région Normandie à BFMBusiness.com. "Peut-être craignent-ils les Normands qui sont les seuls dans l'histoire a avoir conquis l'Angleterre", ajoute Hervé Morin.

Hervé Morin: "Je remercie TFL pour ce coup de main"

Le refus de TFL n'a pour autant pas été négatif. Il a créé un buzz inespéré. "L'affaire TFL a été reprise par une centaine de média qui dévoilent la campagne deux jours avant son lancement officiel. Je remercie TFL pour ce coup de main involontaire", a ajouté le président de la région qui s'est fendu d'un tweet.

En effet, la presse britannique s'est emparé du sujet. Certains journaux semblent même apprécier l'humour normand. Le Sunday Times retient une promesse publiée dans le Normandy Times: "La transition sera lisse comme le camembert et douce comme les huîtres", mais qu'aussi, les impôts seront moins élevés qu’en Grande-Bretagne après le Brexit.

La Région Normandie se défend toutefois de vouloir "profiter du Brexit" pour proposer aux entreprises de se délocaliser en France. "L’idée est de faire passer le message que la proximité fait de la Normandie l’endroit idéal pour profiter du marché européen tout en gardant un lien avec son pays d’origine", précise l’agence en ajoutant que "cette campagne est un peu une déclaration d’amour aux entreprises d’Outre-Manche". Apparemment, TFL n'a pas saisi la nuance.

Pascal Samama