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"Une grande majorité de fonctionnaires ont bien compris qu’il fallait transformer le pays"

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé sur le plateau de 19H Ruth Elkrief que le climat social en France n'était pas inquiétant et que nous ne sommes "pas en 1995". Preuve en est, la mobilisation des fonctionnaires s'essouffle, selon lui.

Grève dans la fonction publique, à la SNCF et à Air France, des centrales à charbon à l'arrêt... le climat social est tendu en France à l'heure actuelle. De là à inquiéter le gouvernement sur la bonne tenue de l'économie? "Non" répond sèchement Gérald Darmanin, invité de 19H Ruth Elkrief ce jeudi.

"Il faut toujours être attentif [...] écouter même si on n'est pas d’accord", a souligné le ministre de l'Action et des Comptes publics, tout en constatant que nous ne sommes "pas en 1995", année marquée par des mouvements sociaux de forte ampleur. 

Pour étayer son constat, Gérald Darmanin a rappelé que la mobilisation dans la fonction publique s'est essoufflée entre octobre et mars. A l'automne, le gouvernement avait annoncé que l'indice ne sera pas revalorisé, s'en était suivi une grève qui a rassemblé près de 14% des agents. Puis, "avec le Premier ministre, on a annoncé une réforme très importante de la Fonction publique [...]. On a promis une grève, celle du 22 mars dernier, où on devait bloquer le pays, finalement il y a eu moins de grévistes qu'au mois d'octobre", note-t-il.

Le ministre en conclut qu'"il y a une grande majorité de fonctionnaires qu'ont bien compris qu’il fallait transformer le pays" et qui ne font pas grève.

"Une troisième étape" dans la lutte contre la fraude fiscale

L'autre grand chantier du ministre a été ouvert hier. Il s'agit d'un nouvel arsenal de lutte contre la fraude fiscale. Après les mesures sur le secret bancaire et l'automatisation des données prises lors des précédents quinquennats, "une troisième étape" a été lancé par le gouvernement, car "on peut faire encore mieux", a estimé Gérald Darmanin.

Le ministre a rappelé les "moyens techniques supplémentaires" qu'il a présenté en conseil des ministres mercredi pour lutter contre la fraude, notamment la future "police fiscale". Celle-ci pourra organiser des filatures et des écoutes, pour mieux "caractériser la fraude fiscale". Par ailleurs, les montages frauduleux seront désormais pénalisés. "Aujourd’hui on pénalise que le fraudeur [...], là on va tarir la source", assure Gérald Darmanin.

Le gouvernement va également appliquer le name and shame, autrement dit publier le nom des entreprises condamnés pour fraude fiscale caractérisée. Les ministre estime que "quelque soit l'impôt" qu'on l'approuve ou non "ça ne justifie pas la fraude". Enfin, il entend agrandir la liste des pays non coopératifs en matière fiscale.

J.-C.C