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Un appel à la grève inédit chez BNP Paribas

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L'ensemble des syndicats de la banque appellent à une grève ce mardi pour protester à la fois contre la dégradation des conditions de travail et l'absence de revalorisation générale des salaires. Du jamais vu depuis 2000.

Jamais les tensions sociales n'ont été aussi fortes au sein de la banque. C'est en effet la première fois depuis 18 ans que tous les syndicats appellent ainsi à un mouvement de grève. « On a atteint un point de rupture, il y a un ras-le-bol généralisé, tous statuts confondus », déplore Joël Debeausse, délégué syndical national adjoint du SNB.
Ce sont donc 40 000 salariés de la banque, pas seulement ceux des agences mais aussi ceux de la banque de financement et d'investissement et ceux des fonctions centrales qui sont appelés à débrayer pendant, une heure, deux heures voire plus pour « crier leur ras-le-bol » selon le communiqué publié par les organisations syndicales.

Une transformation à marche forcée

Ce que dénoncent les organisations syndicales, c'est avant tout la dégradation des conditions de travail. Toutes accusent la banque d'être dans une transformation à marche forcée, avec à la clé des centaines de suppressions de postes. « C'est un véritable rouleau compresseur, un salarié peut aujourd'hui faire jusqu'à 3 postes à lui tout seul », explique Julie Lequeux, déléguée syndicale CFDT. « Certains salariés sont au bout du rouleau car les objectifs sont toujours plus élevés et les effectifs de plus en plus limités », ajoute un autre responsable syndical.

Pas d'augmentation collective 

Dans ce contexte, la négociation annuelle sur les salaires a mis le feu aux poudres. Contrairement à l'an passé, la direction de la banque a en effet refusé une augmentation collective pour 2019. Elle a en revanche proposé une prime, sous forme de supplément d'intéressement en fin d'année, comprise entre 400 et 1000 euros en fonction des salaires ainsi qu'une enveloppe d'augmentation individuelle en hausse d'1,5 %.
Une proposition rejetée en bloc par les organisations syndicales, qui toutes l'ont jugé très insuffisante. « Les salariés de BNP Paribas attendent en moyenne 39 mois pour être augmentés alors qu'on leur demande toujours plus d'efforts », dénonce un responsable syndical.

Le dialogue est rompu

« Cela fait près de 3 ans qu'on alerte la direction sur le mécontentement des salariés, en vain », explique un responsable syndical. Cette fois, le dialogue est donc pour l'instant rompu. Tous les syndicats ont décidé de boycotter la prochaine réunion de négociation, qui devait porter ce mardi sur la gestion de l'emploi et les compétences.
Ils réclament notamment d'adapter les effectifs à la charge de travail, d'augmenter les budgets consacrés aux salaires, ou encore plus largement de restaurer le climat de confiance entre l’entreprise et les salariés.
« On est dans une période de transformation exigeante pour tout le monde », admet Yves Martrenchar, directeur des ressources humaines de BNP Paribas, qui compte réunir les syndicats après le mouvement pour leur apporter des réponses. « Il est grand temps que la direction entende le ras-le- bol des salariés », prévient un responsable syndical.