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Trop d'infirmières et de kinés en France, vraiment?

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- - Geiorges Gobet-AFP

Dans son rapport 2015 sur la Sécurité sociale, la Cour des comptes dénonce l'explosion des actes des kinésitherapeutes et des infirmières libérales. Elle réclame à l'Etat de réduire le nombre d'étudiants et de contrôler les installations. Des solutions pas vraiment populaires...

"Il y a des marges de manoeuvre importantes" pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. C'est ce que vient de déclarer Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes en présentant ce mardi matin le rapport annuel de l'institution sur la situation de la sécurité sociale. 

C'est en particulier le cas des actes des 64.000 kinés et des 103.000 infirmiers et infirmières libérales. Deux professions pourtant très appréciées des Français et qui ne roulent pas sur l'or. Un kiné gagne en moyenne 42.000 euros par an et une infirmière 52.000 euros selon l'Assurance maladie.

Leur tort selon les magistrats de la Cour: ce sont les professions médicales dont les actes ont le plus progressé ces dernières années : 50% de plus depuis 2006 quand ceux des médecins n’ont cru, eux, que de 17%. Et en valeur, les dépenses augmentent en moyenne de 6,5% par an. Pas tenable quand le déficit de la seule branche maladie de la Sécu atteindra 6,4 milliards en 2015 selon la Cour. 

Quatre fois plus dans l'Hérault qu'en Seine-Saint-Denis

Pour la Cour, il y a certes des explications logiques à cette explosion des actes des kinés et des infirmières: le vieillissement de la population d'abord et puis la baisse des hospitalisations voulues par les pouvoirs publics qui entraînent davantage de soins en ville.

Mais cela ne suffit pas à la Cour pour expliquer totalement l’explosion du nombre d’actes. Elle est allée chercher l’explication ailleurs: dans l’augmentation continue du nombre de kinés et d’infirmières : plus 75% depuis 2000 pour les premiers, plus 56% pour les seconds.

Cette augmentation a d’ailleurs profité aux régions déjà fortement médicalisées comme PACA ou la Corse. Il y a par exemple 3 fois plus d’infirmières sur la Côte d’Azur qu’en Picardie. Et quatre fois plus dans l’Hérault qu’en Seine-Saint-Denis.

Méthode radicale

Comment rétablir la situation selon la Cour des comptes? En diminuant le nombre d’étudiants dans ces deux professions. Et en autorisant, comme en Allemagne, la sécurité sociale à limiter le nombre d’installations dans les zones surmédicalisées.

Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, qui doit présenter le budget 2016 de la Sécurité sociale mi-septembre, reprendra-t-elle ses préconisations à son compte ? Pas sûr. D'autant qu'elles risqueraient d'être mal perçues par l'opinion...

P.C