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Trois choses à savoir sur le nouveau billet de 50 euros

Au distributeur automatique mardi, vous pourrez retirer de nouvelles coupures de 50 euros. Ce nouveau billet ne change qu'à la marge par rapport à l'ancien, mais ses petites variations ont toutes une histoire.

Le nouveau billet de 50 euros sera mis en circulation le 4 avril 2017. 6,5 milliards d'unités de cette nouvelle coupure vont inonder la zone euro, où elle est la plus utilisée de toutes, comptant pour 45% du volume total. Voici trois choses à savoir sur ce nouveau billet.

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Le premier billet de 50 euros sur lequel figure un visage

La BCE voulait un personnage sur ces billets, parce que, explique son président Mario Draghi, "les gens se souviennent facilement d'un visage". Mais trouver une effigie qui fasse consensus entre la vingtaine de pays qui manient l'euro a été un casse-tête, Napoléon ou Bismarck n'étant pas particulièrement fédérateurs. Finalement, les pays membres sont tombés d'accord sur le personnage mythologique qui a donné son nom au continent, la princesse Europe. Une fille de roi enlevée par un Zeus métamorphosé en superbe taureau blanc, et qui lui donna trois fils dont le gardien du labyrinthe Minos.

La princesse mythologique figure ainsi sur tous les billets de la série "Europe", dont la diffusion a commencé en 2013 avec les nouveaux billets de 5 euros, puis de 10 et de 20 euros, à partir de mardi sur ceux de 50, et qui continuera fin 2018 avec les 100 et 200 euros. Pas ceux de 500, dont la BCE a décidé d'arrêter la production.

Sur le nouveau billet de 50 euros, elle apparaît à deux endroits, visibles depuis chaque face: en filigrane dans la partie blanche, un résultat obtenu grâce aux différentes densités du papier, et dans la "fenêtre portrait" dans la marge colorée du billet.

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Ce visage est la reproduction de celui qui apparaît sur un vase en céramique exposé au Louvre et datant de 4 siècles avant Jésus Christ. Cette représentation spécifique de l'allégorie a été choisie parce que, souligne la BCE, elle ne met pas l'accent sur l'enlèvement d'Europe par Zeus, comme la plupart des œuvres sur ce thème, mais sur la façon dont la belle Europe a séduit le roi des Dieux, qui se prosterne devant elle (ci-dessous).

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Des monuments qui n'existent pas

Les précédents billets, édités en 2002, étaient seulement ornés de monuments, de fenêtres et de ponts. Un hommage aux styles architecturaux d'Europe, 7 en tout pour chacune des 7 coupures. Ces illustrations, qui continuent de s'afficher sur la série Europe, aussi réelles qu'elles paraissent, ne représentent en réalité aucune construction architecturale existante.

C'est ce qu'explique Robert Kalina, l'Autrichien qui a gagné le concours organisé en 1996 par l'Union européenne pour dessiner les premiers billets. "Je n'avais pas le droit de m'inspirer de la fenêtre d'une église particulière. Elle devait être gothique, mais pouvoir se situer n'importe où en Europe", explique-t-il. Le but: dénationaliser au maximum les billets, à la différence des pièces en euros dont une des faces fait honneur à un monument ou une caractéristique nationale.

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Des bijoux anti-contrefaçon

Cette uniformité des billets a pour vocation, notamment, de rendre leur contrefaçon plus délicate. Alors que le problème se pose moins pour les pièces, puisque les copier coûte plus cher et s'avère moins rentable.

Pour compliquer encore le travail des faussaires, le papier des billets n'est pas fait à base de fibre de bois, comme le papier traditionnel, mais de coton. Une matière qui les rend en outre plus résistants. Ceux de 5 et de 10 euros, qui passent beaucoup plus de mains en mains, ont par ailleurs été recouverts d'un enduit qui les renforce encore plus.

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Toujours pour déjouer la contrefaçon, sur le nouveau billet, le chiffre 50 est imprimé dans une encre très spéciale, d'une couleur spécifique, qui varie du vert émeraude au bleu profond en fonction de la lumière. Une teinte spécialement conçue pour la monnaie, disponible nulle part ailleurs dans le commerce. Outre le filigrane qui y est incrusté, une soixantaine de signes sont présents sur ce billet, dont certains connus uniquement de la BCE et des banques centrales nationales.

Les grands argentiers européens estiment qu'il faut renouveler le design des billets tous les dix ans pour éviter qu'ils ne soient copiés trop aisément. Reste que la contrefaçon d'euros est loin d'être un fléau: la BCE recensait 600.000 faux billets sur 18 milliards de coupures en circulation en 2015. À peine 3 sur 100.000.

La France, premier fabricant de billets de la zone euro

La BCE définit les volumes d'émission des pièces et des billets pour les 19 pays de la zone euro, mais ce sont les banques centrales nationales qui se chargent de les fabriquer. Chacune assume le coût de production de la part qui lui a été confiée. Cette part change chaque année.

En 2016, plus de 4 milliards de billets de 50 euros ont été produits par les banques centrales d'une quinzaine de pays dont la France et l'Allemagne. En revanche, la Banque de France a fabriqué seule les 500 millions de billets de 20 euros mis en circulation l'année passée. Avec presque 2 milliards de coupures fabriquées chaque année, la France est le premier imprimeur d'euros de la zone.

La production se fait essentiellement à l'imprimerie de Chamalières, dans la région de Clermont-Ferrand. L'endroit où il a été fabriqué est visible sur chaque billet, dans un code qui figure dans une étoile blanche sur les anciens billets de 10 et 20 euros, et dans un rectangle blanc sur tous les nouveaux. Il faut regarder la première lettre: le L désigne Chamalières, le R Berlin, etc.

Nina Godart