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Strauss-Kahn veut qu'on le laisse travailler sans parler de 2012

Classé en tête des présidentiables socialistes en France, Dominique Strauss-Kahn a déclaré jeudi vouloir se consacrer uniquement à son "travail d'aujourd'hui" à la tête du Fonds monétaire international (FMI). /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Thomas P

Classé en tête des présidentiables socialistes en France, Dominique Strauss-Kahn a déclaré jeudi vouloir se consacrer uniquement à son "travail d'aujourd'hui" à la tête du Fonds monétaire international (FMI). /Photo prise le 28 avril 2010/REUTERS/Thomas P - -

par Laure Bretton PARIS - Classé en tête des présidentiables socialistes en France, Dominique Strauss-Kahn a déclaré jeudi vouloir se consacrer...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Classé en tête des présidentiables socialistes en France, Dominique Strauss-Kahn a déclaré jeudi vouloir se consacrer uniquement à son "travail d'aujourd'hui" à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

La situation de la Grèce, sauvée de la faillite par une intervention conjointe de la zone euro et du FMI, a placé l'ancien ministre de l'Economie de Lionel Jospin au coeur de l'échiquier médiatico-politique international.

Une série d'articles de presse et une demi-douzaine de livres consacrés à son parcours, passé et à venir, l'ont aussi aidé à distancer dans les sondages Martine Aubry, qui dirige le Parti socialiste depuis fin 2008.

Tenu à un devoir de réserve sur la politique française, Dominique Strauss-Kahn a une nouvelle fois tenté d'éluder les questions sur son avenir personnel jeudi soir.

"Honnêtement, je n'ai qu'un seul message, ce que je fais me passionne et j'essaie de le faire le mieux possible", a-t-il expliqué sur le plateau de France 2, un cran en dessous de ses dernières déclarations sur le sujet, en février.

Il avait alors déclaré qu'il pourrait se "reposer la question" d'une candidature présidentielle "dans certaines circonstances".

"J'ai une petite tête et je ne sais penser qu'à une seule chose à la fois. Et ce à quoi je pense, c'est mon travail d'aujourd'hui", a insisté le directeur général du FMI, dont le mandat à la tête du FMI court jusqu'à fin 2012, soit après la prochaine présidentielle en France.

Dans un sondage OpinionWay publié jeudi par Le Figaro, les Français sont 65% à estimer que Dominique Strauss-Kahn peut battre Nicolas Sarkozy, contre 30% pour Martine Aubry.

"JE NE VAIS PAS FAIRE MA CHOCHOTTE"

"Je ne suis pas naïf, je vois qu'il y a des sondages, des articles", a-t-il dit. "C'est très agréable que vos compatriotes vous apprécient évidemment, je vais pas faire la chochotte."

Depuis la victoire de la gauche aux élections régionales de mars, Martine Aubry avait il est vrai quasiment disparu de la scène nationale, voyageant en Inde puis en Chine avant de mettre la dernière main au contre-projet de réforme des retraites.

Après l'avoir maintes fois repoussé, la maire de Lille a finalement décidé de présenter les propositions socialistes mardi soir, deux jours avant l'intervention de Dominique Strauss-Kahn dans l'émission "A vous de juger".

Pour Gaël Slimane, directeur des études politiques de l'institut BVA, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry ont définitivement creusé l'écart avec les autres présidentiables du PS que sont Ségolène Royal, François Hollande ou Manuel Valls.

"Pour le moment, c'est encore trop tôt pour les opposer, mais c'est ce qui se dessine", estime le sondeur.

Une analyse partagée par le journaliste Alexandre Kara, auteur d'une biographie comparative "DSK-Sarkozy, le duel".

Avec Strauss-Kahn et Aubry, "chacun est dans la course (pour l'investiture présidentielle) et veut engranger un maximum de points mais pour l'instant, on est dans le fair-play pas dans les coups bas", explique celui pour qui "DSK, qu'on disait dilettante, a pris le goût du pouvoir à Washington".

Cependant, "à défaut d'être les meilleurs amis du monde, ils sont sincères sur le fait que le futur candidat (du PS) sera celui le plus à même de l'emporter", ajoute le journaliste, en allusion à ce que la presse a appelé "le pacte de Marrakech", qui aurait vu Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry se répartir les tâches en attendant 2012.

Mercredi, la maire de Lille a répété qu'elle n'était pas candidate à ce stade et assuré qu'il n'y aurait "pas de problème" avec son ancien partenaire du gouvernement Jospin qui partage "la même vision du socialisme".

En revanche, "je ne peux pas parler pour les autres", a ajouté Martine Aubry en recevant les journalistes.

Un pacte? "Est-ce que je sais moi ?", a répondu jeudi le directeur général du FMI en haussant les épaules.

Edité par Yves Clarisse