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Sommet de l'UE: Macron fera "tout pour qu'un accord soit trouvé"

Emmanuel Macron avait promis d'être "intraitable" avec les comportements violents dans la police.

Emmanuel Macron avait promis d'être "intraitable" avec les comportements violents dans la police. - AFP

Les dirigeants des vingt-sept pays de l’Union européenne (UE) se retrouvent à Bruxelles pour tenter de trouver un accord sur le plan de relance commun.

Nouveau sommet tendu en perspective pour les dirigeants européens. Les 27 se retrouvent à Bruxelles pour tenter d'arracher un accord sur un plan de relance commun alors que certains pays, les Pays-Bas en tête, continuent de s'opposer à l'initiative franco-allemande. "Les prochaines heures seront absolument décisives" a indiqué le président français Emmanuel Macron, soulignant que ce sommet serait "un moment de vérité" pour l'Europe.

Au sein de l'UE, quatre pays surnommés "les frugaux" restent réticents au plan de relance de 750 milliards d'euros (dont 500 milliards de subventions), proposé en mai par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l'Autriche souhaitent avant tout des prêts aux pays en difficulté, plutôt que des subventions. Ce sommet européen doit donc être l'occasion de les convaincre ou, a minima, de trouver un compromis acceptable. "Je suis confiant mais prudent, (...) nous ferons tout pour qu'un accord soit trouvé" a souligné Emmanuel Macron. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel s'attend à "de très difficiles négociations".

Mark Rutte, l'opposant

Le sommet européen devrait durer deux jours, voire trois. Et ne sera probablement pas le dernier pour faire face à cette crise inédite car chaque pays dispose d'un droit de veto.

Le dirigeant le plus difficile à convaincre devrait à nouveau être Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais. A Bruxelles, il a réaffirmé ses positions: "Solidarité, oui (...) Mais dans le même temps, on peut aussi demander à ces pays de faire tout ce qui est possible pour qu'ils résolvent (leurs problèmes) par eux-mêmes, la prochaine fois. Et cela vous le faite via des réformes du marché du travail, du système de retraite...", a-t-il lancé.

Pour mieux contrôler ces pays, jugés laxistes sur le plan budgétaire, Mark Rutte souhaite que leurs plans de réformes soient validés à l'unanimité des 27 (et non à la majorité qualifiée comme l'a prévu Charles Michel).

Merkel en sauveur ?

Autre sujet délicat: le lien entre le versement d'argent et le respect de l'Etat de droit, pour la première fois inscrit dans un budget de l'UE. Or, la Pologne et la Hongrie, qui font toutes deux l'objet de procédures au sein de l'Union en raison d'atteintes à l'indépendance de la justice ou aux droits fondamentaux, freinent des quatre fers.

Dans ce grand marchandage, la chancelière allemande Angela Merkel, suscite beaucoup d'espoirs. Elle n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre ses pairs de l'urgence d'adopter le plan d'aide.

Se rangeant à l'avis de la France, elle a accepté que des fonds soient empruntés à grande échelle au nom de l'Europe, brisant ainsi un tabou dans un pays jusqu'ici largement opposé à l'idée d'une dette commune.

Thomas Leroy avec AFP