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Un chèque relance pour aider les plus démunis à faire face à la crise?

Le secrétaire général de la CFDT a réitéré ce mercredi sa demande au gouvernement. Laurent Berger souhaite que l'Etat verse "une aide spécifique aux ménages le plus modestes". Une necessité alors qu'un nombre croissant de ménages font appel pour la première fois à l'aide alimentaire.

Comment aider les Français qui subissent la crise de plein fouet? Ces intérimaires et intermittents qui travaillent dans l'un des secteurs toujours en berne, ces indépendants qui n’ont pas droit au chômage partiel, ces étudiants qui n'ont plus de jobs à temps spartiel pour financer leurs études, ces mères qui élèvent seules leur enfant et dont l’ex-conjoint ne paient plus la pension alimentaire parce qu’il a perdu son emploi...

On ignore précisément combien ils sont. Mais plusieurs indices laissent à penser qu’ils sont plusieurs centaines de milliers. Le Secours Populaire a par exemple dénombré 1,27 million de personnes qui ont demandé de l’aide alimentaire pendant le confinement. Et surtout, 45% d’entre eux -quasiment un demandeur sur deux- n’avait jamais fait appel à cette ONG pour se nourrir.

"Une aide spécifique pour les ménages les plus modestes"

Cette situation devrait se traduire par une hausse importante du taux de pauvreté. Avant la crise, il se situait en France en dessous des 15%. Mais ce chiffre –le dernier connu- date de 2018. Et on peut d’ores et déjà affirmer qu’il n’est plus d’actualité. Le taux de pauvreté dépend en effet de l’évolution du niveau de vie médian nombre de personnes dont les revenus sont inférieurs à 60% du niveau de vie median. Or, grâce au chômage partiel et, plus largement, à toutes les mesures d’aides aux entreprises, les salariés, en CDI, ont pour l’instant été mis à l’abri de la crise. C’est aussi vrai pour les fonctionnaires. On voit donc s’accentuer le décalage avec ceux qui ne le sont pas.

C’est pour cette raison que ce mercredi matin, sur BFMTV et RMC Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT a réitiré sa demande de création d’une "aide spécifique pour les ménages les plus modestes", ce qu'il appelle un "chèque relance" ainsi que l’augmentation du niveau des minimas sociaux, et notamment du RSA.

De quoi compléter les mesures précédentes destinées à augmenter le pouvoir d’achat, qu’il s’agisse de la hausse de 100 euros par enfant de l’allocation de rentrée scolaire (surcoût pour l’Etat: 0,5 milliard d’euros) et la "prime Macron" qui a bénéficié à 4,3 millions salariés (montant moyen: 477 euros). Des coups de pouce non négligeables mais qui, par construction ne profitent pas à toutes les personnes démunies. Ce qui ne serait pas le cas d’un chèque relance versé sans autre condition que les revenus.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco