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Plus d'un tiers des cadres disent être témoins de pratiques illégales dans leur travail

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C’est le résultat d’un sondage commandé par l'Ugict-CGT. Ils en appellent à mieux protéger les lanceurs d’alerte.

Avez-vous déjà été témoin de pratiques illégales ou contraires à l’intérêt général dans le cadre de votre travail? C’est le cas de 36% des cadres interrogés par l’institut Viavoice.

Peur des risques

Et parmi ces cadres témoins, près de 40% n’ont pas signalé ces dérives. La moitié d’entre eux sait bien qu’ils existe un dispositif d’alerte, mais souvent, ils le jugent inefficace. Ou alors, ils trouvent que c’est trop risqué.

L’Ugict, le syndicat qui a commandé ce sondage, a donc lancé avec le journal Mediapart et d’autres organisations une lettre ouverte au président de la République. Ils appellent à aller plus loin que la loi qui protège actuellement les lanceurs d’alerte en France depuis 2016.

Le modèle: la nouvelle directive européenne adoptée en octobre dernier, et qui doit être transposée en France dans les deux ans. Elle permet par exemple au lanceur d’alerte de d’adresser à une autorité externe et plus seulement en interne. Elle lui donne aussi le droit d’être défendu par un représentant du personnel ou un syndicat.

Droit d'asile

Les signataires veulent également d'élargir le statut de lanceur d'alerte: il pourra être une personne morale, comme une association ou un syndicat, et plus uniquement à une personne physique. Enfin, ils demandent à ce qu’un fonds de soutien soit créé, ainsi qu’un droit d’asile reconnaissant les lanceurs d’alerte.

Actuellement, la législation prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende contre l’employeur qui poursuit pour diffamation le salarié lanceur d’alerte. Pour être considéré comme tel, le lanceur d’alerte doit être "désintéressé". La nouvelle directive rejette cette formulation jugée trop subjective, pour lui préférer la "bonne foi".

Fanny Guyomard avec AFP