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Les dépenses de protection sociale en hausse à 741 milliards d'euros en 2018

Toutes les dépenses de protection sociale ont représenté 31,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2018, une proportion en léger recul par rapport à 2017, mais qui demeure parmi les plus élevées du monde.

Toutes les dépenses de protection sociale ont représenté 31,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2018, une proportion en léger recul par rapport à 2017, mais qui demeure parmi les plus élevées du monde. - Anne-Christine Poujoulat-AFP

Le montant total des prestations de protection sociale (santé, retraite, famille, chômage) s'est établi l'an passé à 741 milliards d'euros (+1,8%) selon une étude publiée mardi par la Drees, le service statistique du ministère de la Santé. Les ressources de la protection sociale, malgré un léger ralentissement (+2,4 % après +2,8 % en 2017), sont restées plus dynamiques que les dépenses.

L'ensemble des prestations de protection sociale (santé, retraite, logement,..) ont totalisé 741 milliards d'euros en 2018, en hausse de 1,8%, selon la Drees (direction des études et statistiques au ministère de la Santé et des Solidarités).

En regard de ces dépenses sociales, les ressources ont cependant bondi de 2,4% à 798,3 milliards, confirmant le "retour à l'excédent" survenu en 2017, avec un solde positif de 11,1 milliards d'euros l'an dernier, après un retour à l’excédent en 2017 (+5,2 milliards d’euros).

Voici le détail des dépenses de prestations sociales en 2018, par grand poste.

  • Le millésime 2018 a été marqué par un rebond des prestations de "vieillesse-survie" (+2,4% à 339 milliards), lié à "la hausse du nombre de départs à la retraite" qui "ne sont plus freinés par l'effet du relèvement progressif de l'âge légal", passé en quelques années de 60 à 62 ans.
  • Les dépenses de santé ont poursuivi leur croissance supérieure à la moyenne (+2,1% à 261,2 milliards), portée par le "dynamisme" des arrêts de travail, mais aussi des bonus versés par la Sécu aux médecins libéraux.
  • Les prestations familiales ont à l'inverse marqué le pas (+0,3% à 55,4 milliards), en raison de la "stagnation du nombre de foyers bénéficiaires" des allocations familiales et du "recul du nombre de naissances depuis 2014".
  • Faible hausse également mais léger sursaut pour les prestations liées à l'emploi (+0,6% à 44,6 milliards), tirées par les "grandes entreprises publiques" malgré "le ralentissement des allocations chômage" et "la fin progressive de l'effet du plan +500.000 formations+" lancé sous le quinquennat de François Hollande.
  • Le poste "pauvreté-exclusion sociale" enregistre pour sa part une hausse "moins marquée" que les années précédentes (+2,4% à 23,7 milliards), "contrecoup de la montée en charge de la prime d'activité" en 2016 et 2017 - et de nouveau élargie en 2019.
  • Le montant des aides au logement "se contracte nettement" (-7,2% à 17,2 milliards), conséquence des "nouvelles mesures adoptées" avant et après l'élection d'Emmanuel Macron.

Au total, en ajoutant les frais de gestion et les frais financiers, les dépenses de protection sociale ont atteint 787,1 milliards d'euros.

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Concernant, les ressources finançant la protection sociale (infographie ci-dessus), celles-ci se sont élevées à 798,3 milliards d’euros. "Celles-ci restent dynamiques, à l’image du marché du travail. La bascule entre cotisations sociales et contribution sociale généralisée (CSG) mise en oeuvre dans le cadre des mesures dites en faveur du pouvoir d’achat des actifs modifie la structure de ces ressources. La part des impôts et taxes affectés augmente, passant ainsi de 24 % en 2017 à 26 % en 2018, tandis que celle des cotisations sociales baisse de deux points entre 2017 et 2018 (61 % contre 59 %)" commente l'étude de la Drees.

Frédéric Bergé avec AFP