BFM Business

Le reste à charge à charge zéro risque de coûter cher aux retraités

Alors que le ministère de la Santé assure que la réforme du reste à charge zéro sera indolore pour les assurés, une étude révélée par le Parisien assure que cette promesse est intenable.

Des lunettes, des prothèses auditives ou des soins dentaires entièrement couverts par les complémentaires santé. C'est le reste à charge zéro, une des promesses phares du candidat Macron lors de l'élection présidentielle. Le tout évidemment sans hausse tarifaire des complémentaires santé.

Un engagement impossible à tenir, selon une étude réalisée par le cabinet spécialisé en assurance santé Santiane et dévoilée par Le Parisien. Le cabinet d'experts prévoit ainsi une hausse des tarifs des complémentaires de 6,8% d'ici à trois ans avec la mise en place complète du dispositif.

Pour ce faire, la cabinet a étudié les dépenses réelles de santé de 100.000 clients de complémentaires santé individuelles durant deux ans. Le résultat serait une augmentation minime de 2,5% pour les assurés de moins de 60 ans mais un bond presque quatre fois plus important (9,3%) pour leurs aînés. 

Pour un couple de retraités qui paierait par exemple 170 euros de complémentaire par mois, la facture grimperait de 16 euros par mois, soit 192 euros par an à horizon 2021. Déjà mécontents du sort que leur réserve le gouvernement avec la hausse non compensé de la CSG, les retraités risquent de grincer une nouvelle fois des dents.

Plus de soins attendus

Le cabinet anticipe en effet une hausse des dépenses de santé avec la mise en place de cette mesure. Plus de soins dentaires, un choix de lunettes de meilleure qualité mais aussi l'objectif de faire passer de 30 à 50% le taux de patients équipés de prothèse auditives... Tout cela devrait faire gonfler le coût de la réforme que les assurances seront bien obligés de répercuter sur les contrats.

Un scénario que réfute pourtant le ministère de la Santé qui rappelle la promesse du candidat Macron du reste à charge zéro sans hausse du coût des complémentaires. Pour ce faire l'Assurance maladie devrait accroître ses dépenses de 750 millions d'euros pour financer une partie du coût de la mesure estimé à 1 milliard d'euros en 2021. Les mutuelles et assureurs devraient de leur côté contribuer à hauteur de 150 à 500 millions d'euros. 

Suffisant pour financer les surcoûts. Les spécialistes du secteur ne sont guère optimistes d'autant qu'avec le vieillissement de la population, les cotisations vont déjà mécaniquement augmenter en 2019 et qu'une taxe de 0,8% a été votée pour contribuer à la rémunération des médecins.

F.B.